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La ripisylve, nouvel allié des vignobles bourguignons face au dérèglement climatique

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Au domaine de Meursault, une forêt riveraine expérimentale modifie l’écosystème du vignoble, offrant une réponse innovante aux défis posés par l’accélération des vendanges et l’augmentation des températures.

Le paysage viticole bourguignon évolue face aux réalités climatiques. À proximité immédiate des parcelles du Château de Meursault, une ripisylve de trois mille arbres et arbustes a été implantée le long d’un cours d’eau. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale d’adaptation, observée avec attention par la profession.

La précocité des vendanges constitue l’un des signes les plus tangibles du changement. Alors que les récoltes s’effectuaient traditionnellement en septembre ou octobre jusqu’à la fin du siècle dernier, elles débutent désormais fréquemment au mois d’août. Cette évolution modifie profondément les équilibres viticoles, conduisant les domaines à repenser leurs pratiques.

Au-delà des techniques culturales habituelles comme la sélection de porte-greffes adaptés ou la conversion au bio, la création d’écosystèmes forestiers adjacents aux vignes représente une approche novatrice. Les observations initiales indiquent une augmentation notable de la présence aviaire et entomologique, signe d’une revitalisation biologique.

Les études menées sur ce type d’aménagement révèlent des bénéfices microclimatiques significatifs. La proximité arborée contribuerait à abaisser localement les températures de plusieurs degrés durant les phases phénologiques cruciales, atténuant ainsi les effets des épisodes caniculaires.

Cette démarche s’appuie sur le principe selon lequel la complexification des écosystèmes renforce leur résilience. La réintroduction d’espaces boisés favorise les interactions biologiques, depuis la mycologie souterraine jusqu’aux populations d’auxiliaires de culture, créant un environnement plus équilibré pour la vigne.

Si la plantation d’arbres au sein des parcelles viticoles connaît un regain d’intérêt après des décennies de simplification des paysages, la création délibérée de massifs forestiers à proximité immédiate des ceps reste une pratique émergente. Elle témoigne d’une volonté d’intégrer la viticulture dans des écosystèmes plus vastes et diversifiés, capable de faire face aux défis environnementaux contemporains.

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