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La protection des mineurs en ligne, un casse-tête technique et réglementaire

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Les pouvoirs publics souhaitent restreindre l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux. La question du niveau où opérer la vérification d’âge oppose les différents acteurs du numérique, des plateformes aux fabricants de terminaux.

L’ambition gouvernementale d’interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans à partir de septembre prochain se heurte à une difficulté pratique majeure. Le cadre législatif, qui s’inspire du modèle appliqué aux sites pornographiques depuis 2025, ne précise pas l’échelon auquel doit s’effectuer le contrôle. Cette incertitude provoque des divergences stratégiques au sein de l’écosystème numérique, chaque partie prenante renvoyant la responsabilité à un autre maillon de la chaîne.

La réglementation européenne sur les services numériques place théoriquement l’obligation sur les plateformes elles-mêmes, telles que Meta, X, TikTok ou Snapchat. Ces géants devraient ainsi vérifier l’âge de leurs utilisateurs lors de l’inscription. Toutefois, cette méthode soulève des interrogations quant à son efficacité réelle et à la protection des données personnelles, obligeant potentiellement des dizaines de millions d’utilisateurs français à transmettre une preuve d’identité.

Face à cette perspective, certaines entreprises plaident pour un déplacement de la charge vers les distributeurs d’applications. Meta et Snapchat estiment ainsi que les boutiques en ligne d’Apple et de Google, qui centralisent les téléchargements, constitueraient le point de contrôle le plus pertinent et le plus simple pour les familles. Cette proposition est fermement rejetée par les deux opérateurs de stores, qui y voient un risque de dilution des responsabilités propres à chaque service.

D’autres voix, au sein de l’Alliance française des industries du numérique, suggèrent d’intervenir plus en amont, au niveau des fournisseurs d’accès à internet. Cette approche consisterait à filtrer l’accès dès la connexion, via la carte SIM ou la box. Enfin, une dernière piste envisage le verrouillage à la source, lors de l’acquisition du terminal. La loi Studer, effective depuis l’été 2024, impose déjà le pré-installage d’un contrôle parental sur les appareils neufs, mais son activation demeure facultative et ses limitations sont contournables.

Le débat dépasse ainsi la simple question technique pour toucher à la répartition des obligations dans un environnement numérique fragmenté. La solution retenue devra concilier efficacité protectrice, respect de la vie privée et faisabilité opérationnelle, sous le contrôle vigilant de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom).

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