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La Nouvelle-Calédonie s’apprête à tourner une page décisive de son histoire
Après des semaines de négociations, indépendantistes et loyalistes ont trouvé un terrain d’entente pour un nouveau statut institutionnel, marquant une étape cruciale dans les relations avec la France.
Un compromis inédit a été scellé ce week-end entre les principales forces politiques calédoniennes, ouvrant la voie à la création d’un « État de la Nouvelle-Calédonie » inscrit dans la Constitution française. Cet accord, qualifié d’historique par plusieurs participants, dessine les contours d’une autonomie élargie tout en maintenant un lien étroit avec la République. Le texte, fruit de dix jours de discussions intensives près de Paris, devra désormais être soumis à l’approbation des populations locales avant son entérinement définitif.
Les négociations ont réuni l’ensemble des courants représentés au Congrès calédonien, des indépendantistes de l’Union calédonienne et du FLNKS aux loyalistes du Rassemblement-LR, en passant par les formations centristes. Le chef de l’État a salué cette avancée lors d’une rencontre à l’Élysée, soulignant la maturité politique dont ont fait preuve les signataires. « Vous avez bien fait », a-t-il insisté, tout en reconnaissant les défis à venir pour convaincre les Calédoniens sur le terrain.
Le projet prévoit notamment l’instauration d’une nationalité calédonienne, octroyée en complément de la citoyenneté française aux résidents remplissant certains critères. L’État calédonien, bien que reconnu dans le cadre constitutionnel français, ne disposera pas d’une souveraineté internationale pleine et entière. Les questions économiques, notamment la gestion du nickel, ressource stratégique du territoire, font également partie des chantiers prioritaires, bien que les détails restent à préciser.
Si l’accord a été salué comme un tournant par de nombreux acteurs politiques, les signataires n’ignorent pas les difficultés qui les attendent. Les débats promettent d’être vifs dans l’archipel, où les positions restent polarisées. La réforme du corps électoral, l’une des mesures phares du texte, pourrait notamment susciter des tensions, cette question ayant déjà enflammé les esprits par le passé.
La prochaine étape consistera en l’organisation d’un référendum local prévu début 2026, après l’adoption des modifications constitutionnelles nécessaires. D’ici là, les partis devront mener un travail de pédagogie pour expliquer les enjeux de ce nouveau pacte, dont la réussite dépendra largement de leur capacité à rassembler au-delà des clivages traditionnels.
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