Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

La Grande Muraille de Java face à la montée des eaux

Article

le

Le gouvernement indonésien mise sur un mégaprojet de digue pour protéger les côtes de l’île la plus peuplée du pays, tandis que les communautés locales subissent déjà les effets de l’érosion et des submersions marines.

Sur le littoral nord de Java, l’avancée de l’océan transforme progressivement le paysage. Des routes disparaissent, des habitations sont abandonnées, et l’eau salée s’infiltre toujours plus loin à l’intérieur des terres. Face à cette situation, les autorités indonésiennes projettent la construction d’une digue de protection longue de 700 kilomètres, présentée comme une réponse structurelle majeure à la fois aux effets du changement climatique et à l’affaissement des sols.

Ce mur maritime, dont le coût est estimé à 80 milliards de dollars, vise à sécuriser les zones habitées et les infrastructures essentielles de l’île, qui concentre près de la moitié de la population nationale. Le président Prabowo Subianto a récemment inauguré une agence dédiée à la supervision de ce chantier titanesque, tout en reconnaissant que sa réalisation s’étalera probablement sur plusieurs décennies. Les modalités de financement restent encore à préciser, malgré des appels aux investisseurs internationaux.

Si les populations directement touchées par les inondations saluent une initiative longtemps attendue, certains experts mettent en garde contre les impacts écologiques et sociaux d’un tel ouvrage. La construction de digues rigides peut en effet accentuer l’érosion sur les segments adjacents, détruire les habitats littoraux et perturber les écosystèmes, notamment ceux qui dépendent des mouvements entre la terre et la mer.

D’autres voix recommandent plutôt le recours à des solutions fondées sur la nature, telles que la restauration des mangroves ou des récifs, capables de s’adapter naturellement à la hausse du niveau de la mer. Une approche mixte, combinant protections ciblées et relocalisations raisonnées, est également avancée pour répondre de manière plus durable et moins intrusive aux défis côtiers. Pour l’heure, les communautés continuent de s’adapter tant bien que mal, alors que le temps presse.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus