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La France trace sa voie énergétique pour 2035

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Le gouvernement a présenté ce jeudi la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie. Ce cadre, attendu de longue date, privilégie une électrification massive reposant sur le nucléaire, tout en révisant à la baisse les objectifs pour l’éolien terrestre et le solaire.

La feuille de route énergétique de la France pour la décennie à venir est désormais officialisée. Ce document stratégique, qui couvre la période 2026-2035, fixe les orientations destinées à concilier indépendance nationale et réduction des émissions de carbone. Son élaboration, marquée par d’intenses discussions, a finalement abouti à un arbitrage mettant l’accent sur le développement de l’électricité décarbonée, en particulier d’origine nucléaire, pour se substituer progressivement aux combustibles fossiles.

Le texte acte une relance significative de la filière atomique. Il prévoit non seulement l’optimisation du parc existant, mais aussi la construction de six nouveaux réacteurs, avec huit supplémentaires en option. Cette orientation constitue un changement notable par rapport aux programmations antérieures. La production nucléaire est ainsi appelée à croître substantiellement d’ici à 2030. Parallèlement, le déploiement de l’éolien en mer est confirmé, bien que ses échéances soient légèrement ajustées pour tenir compte des retacs constatés sur certains projets.

En revanche, les ambitions concernant l’éolien terrestre et le solaire photovoltaïque sont revues à la baisse. Cette décision s’appuie sur les dernières prévisions du gestionnaire du réseau, qui anticipe une stagnation de la consommation électrique nationale à moyen terme. Le gouvernement justifie cette priorité donnée au nucléaire par un impératif de souveraineté et de compétitivité économique, arguant que la dépendance énergétique n’est plus une option.

Les réactions à cette annonce sont contrastées. Les organisations patronales saluent la clarification apportée, essentielle selon elles pour sécuriser les investissements industriels. À l’inverse, plusieurs associations environnementales expriment leur déception, qualifiant la stratégie de timide et critiquant une vision qu’elles estiment trop centrée sur l’atome. L’opposition politique est elle-même divisée, certaines voix dénonçant un plan trop coûteux, tandis que d’autres se félicitent de l’absence de frein aux énergies renouvelables.

L’exécutif défend une approche pragmatique, refusant d’opposer systématiquement les différentes filières. Il souligne que l’objectif central reste la décarbonation de l’économie, avec une ambition affichée de réduire drastiquement la part des énergies fossiles dans le bouquet énergétique final. Une révision de cette programmation est d’ores et déjà prévue pour 2027, introduisant une dimension politique supplémentaire dans le débat sur l’avenir énergétique du pays.

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