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La France s’apprête à encadrer légalement les restitutions d’objets issus de la période coloniale

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_**Le Sénat examine ce mercredi un texte législatif visant à établir une procédure structurée pour répondre aux revendications de biens culturels, mettant fin à des décisions au cas par cas.**_

Les parlementaires se penchent sur une proposition de loi destinée à faciliter le retour vers leurs pays d’origine d’œuvres entrées dans les collections nationales françaises dans des conditions contestées, principalement durant l’ère coloniale. Ce texte, attendu depuis plusieurs années, doit instaurer un cadre juridique permanent pour des processus jusqu’à présent traités par des lois spécifiques et souvent annoncés à l’occasion de visites d’État.

L’initiative gouvernementale entend répondre aux nombreuses sollicitations émanant d’États africains en formalisant les étapes de l’examen. Elle prévoit notamment la consultation systématique d’instances d’expertise nationale et binationale. Ces comités seront chargés d’évaluer, sur la base de critères précis, les circonstances dans lesquelles les biens ont été acquis entre 1815 et 1972.

L’objectif affiché est de substituer une méthode rigoureuse et transparente à des procédures jugées parfois trop discrétionnaires. Le principe d’inaliénabilité des collections publiques avait en effet longtemps limité les possibilités de restitution, conduisant parfois à des solutions alternatives comme le prêt à long terme.

Plusieurs demandes concrètes pourraient être instruites dans ce nouveau cadre. Elles concernent, entre autres, des objets liés à des figures historiques ou à des trésors patrimoniaux réclamés par l’Algérie, le Mali ou encore le Bénin. Ce dernier a déjà bénéficié, ces dernières années, du retour de plusieurs pièces majeures.

Les promoteurs du texte insistent sur le fait qu’il ne s’agit ni d’un désengagement patrimonial ni d’un acte de contrition, mais de la mise en place d’un dispositif permettant à la France d’apporter des réponses authentiques et documentées, dans la reconnaissance d’une histoire partagée. L’adoption sénatoriale, attendue sans difficulté majeure, ouvrira la voie à un examen par les députés.

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