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Économie

La France accélère sa mue dans l’ère des drones de combat

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_**La guerre en Ukraine a servi de catalyseur. Forte de partenariats industriels inédits, notamment avec l’automobile, la filière française des drones militaires se structure pour rattraper un retard stratégique.**_

L’expérience du conflit ukrainien et la concrétisation de collaborations avec des secteurs comme l’automobile permettent à l’industrie française des drones militaires de se positionner. Cette arme, devenue incontournable dans les engagements contemporains, offre aux armées une capacité supplémentaire, avec l’avantage de préserver les vies humaines et de présenter un coût inférieur aux systèmes traditionnels. Sa relative simplicité de conception contraste avec la sophistication de sa charge utile, qui détermine sa mission, qu’il s’agisse de renseignement, de frappe ou de guerre électronique.

Le théâtre ukrainien illustre l’importance cruciale de ces engins. Les forces russes déploient des volumes considérables de drones produits en série, saturant les défenses adverses. Face à cette pression, l’Ukraine a un besoin massif de plusieurs dizaines de milliers d’unités par mois. Le forum de production conjointe organisé fin 2025 entre Paris et Kiev visait précisément à aider à atteindre cette échelle industrielle. Pour les constructeurs occidentaux, ce conflit constitue aussi un terrain d’expérimentation unique pour éprouver leurs technologies en conditions réelles.

En France, des entreprises développent des modèles aux capacités étendues, comme le drone Rodeur d’EOS Technologie, capable de missions de renseignement et d’attaque sur plusieurs centaines de kilomètres. L’ambition est de devenir un acteur majeur à l’échelle européenne en capitalisant sur l’expérience acquise. Le partenariat récemment annoncé entre Renault et Turgis Gaillard pour créer une filière nationale incarne cette dynamique. L’industrie automobile est perçue comme un levier indispensable pour répondre aux exigences de production de masse dans des délais contraints, avec des objectifs de production pouvant atteindre des centaines de milliers d’unités d’ici la fin de la décennie.

Au-delà du contexte ukrainien, la montée des tensions géopolitiques à l’échelle globale garantit une demande soutenue. La capacité à produire en grande série et à constituer des stocks est désormais considérée comme un élément clé de la dissuasion conventionnelle. La filière française s’organise donc pour répondre à une nécessité durable, indépendamment de l’évolution immédiate du conflit en Europe de l’Est.

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