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Politique

La fin d’une ère politique à Pau pour François Bayrou

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_**Le maire sortant centriste, battu de justesse dimanche, clôt un long chapitre d’engagement local, dans un contexte national difficile.**_

François Bayrou a perdu son siège de maire de Pau, qu’il occupait depuis 2014, à l’issue d’un second tour serré. Le candidat du MoDem s’est incliné face à son adversaire, Jérôme Marbot, avec un écart de seulement 344 voix. Ce résultat intervient six mois après son départ de Matignon et la perte de la confiance de l’Assemblée nationale, marquant un net recul de son influence.

L’ancien Premier ministre, âgé de 74 ans, avait mis un quart de siècle à s’implanter durablement dans cette ville du Béarn. Après des échecs en 1989 et 2008, il avait finalement remporté la mairie en 2014. Cette défaite, survenue à l’issue de deux mandats, constitue un revers significatif pour une figure politique nationale dont le parcours est intimement lié à ce territoire.

La campagne municipale s’est révélée particulièrement tendue. Le maire sortant s’est trouvé pris en tenaille entre une liste de gauche et une candidate du Rassemblement National, ce dernier obtenant un score plus élevé qu’anticipé. Malgré le ralliement tardif d’un candidat dissident, Philippe Arraou, la dynamique n’a pu être inversée. Cette élection locale a également réactivé des polémiques nationales ayant émaillé son passage à Matignon, notamment l’affaire Bétharram, un établissement scolaire au cœur d’un scandale d’agressions sexuelles.

Depuis sa chute au gouvernement, François Bayrou s’était retiré de la scène politique nationale pour se consacrer à la défense de son mandat local. Son bref passage à la tête du gouvernement, de décembre 2024 à septembre 2025, avait été marqué par des tensions, aboutissant à un vote de défiance parlementaire qu’il avait lui-même provoqué sur la question des finances publiques.

L’avenir politique de l’ancien ministre, trois fois candidat à la présidence de la République, suscite désormais des interrogations. Proche de ses collaborateurs, il aurait indiqué ne pas envisager de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Son rôle pourrait dès lors consister à identifier et soutenir une personnalité correspondant à sa ligne centriste. Il conserve la présidence du MoDem jusqu’au printemps 2027, tout en devant faire face, à l’automne prochain, à son procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens.

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