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Économie

La Fed suspend son cycle d’assouplissement monétaire

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La banque centrale américaine a maintenu ses taux d’intérêt mercredi, une décision qui a suscité l’opposition de deux de ses gouverneurs et intervient dans un contexte de fortes tensions politiques.

La Réserve fédérale a mis un terme à sa série de réductions de taux engagée à l’automne dernier. Son comité de politique monétaire a choisi de laisser les taux directeurs dans leur fourchette actuelle, une décision conforme aux attentes des marchés financiers. Dans son communiqué, l’institution justifie cette pause par la solidité de l’activité économique, estimant qu’elle ne nécessite plus de soutien monétaire supplémentaire pour l’instant.

Cette orientation n’a pourtant pas fait l’unanimité en son sein. Deux membres du comité, les gouverneurs Stephen Miran et Christopher Waller, ont exprimé leur désaccord en votant pour une nouvelle baisse des taux. Le premier, nommé récemment à l’initiative de l’administration Trump, milite depuis son entrée en fonction pour un assouplissement plus marqué de la politique monétaire. Le second, dont le nom circule parmi les potentiels successeurs du président Jerome Powell, a cette fois-ci joint sa voix à cette minorité.

La décision de mercredi marque une pause dans un environnement économique complexe. Si la création d’emplois montre des signes de ralentissement, les préoccupations inflationnistes persistent. Le communiqué de la Fed note d’ailleurs une certaine stabilisation du marché du travail, tandis que la hausse des prix reste supérieure à l’objectif de long terme de l’institution. Cette configuration limite la marge de manœuvre des autorités monétaires.

L’annonce survient dans un climat politique particulièrement tendu autour de l’indépendance de la banque centrale. L’exécutif fédéral a multiplié les critiques publiques à l’encontre de la politique monétaire jugée trop restrictive, et le processus de renouvellement de la présidence de la Fed, prévu pour le printemps, alimente les spéculations. La Maison Blanche a clairement exprimé sa préférence pour une direction plus accommodante, susceptible de favoriser la croissance et d’alléger le coût de la dette publique.

Les récentes tensions ont pris une tournure inédite avec la révélation par Jerome Powell lui-même d’une enquête administrative le concernant, qu’il a qualifiée de manœuvre d’intimidation. Cet épisode a alerté certains observateurs sur les pressions exercées sur l’institution. La désignation du prochain président de la Fed, qui relève de la prérogative du chef de l’État mais doit être entérinée par le Sénat, constituera le prochain temps fort de cette relation délicate entre le pouvoir politique et la banque centrale.

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