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La famille Paty exige réparation pour un professeur assassiné
_**Les avocats des proches du professeur d’histoire-géographie ont conclu leurs plaidoiries en appel, dénonçant une campagne de haine en ligne qui a conduit à sa mort et réclamant une justice ferme face à ce qu’ils qualifient de « danger public ».**_
Les représentants de la famille de Samuel Paty ont présenté jeudi leurs dernières observations devant la cour d’assises spéciale de Paris. Ils ont souligné que l’enseignant est mort pour avoir défendu les principes de laïcité et de liberté d’expression, victime d’une exécution motivée par une accusation de blasphème. Quatre hommes sont jugés en appel depuis la fin du mois de janvier pour leur implication dans les événements ayant précédé le meurtre, survenu en octobre 2020 aux abords de son établissement scolaire.
L’attention s’est particulièrement portée sur deux des prévenus. Un parent d’élève et un militant islamiste reconnu, précédemment condamnés à de lourdes peines pour association de malfaiteurs à caractère terroriste, sont présentés comme les instigateurs principaux de la cabale numérique qui a ciblé le professeur. Selon l’accusation, c’est précisément via les réseaux sociaux que l’auteur des faits a identifié sa victime, après qu’elle eut montré des caricatures de presse dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression.
Les deux hommes contestent aujourd’hui que la question du blasphème ait été au cœur de leur démarche. Le premier invoque une réaction paternelle face à des informations erronées fournies par sa fille, tandis que le second affirme avoir agi par souci de dénoncer une prétendue discrimination. La défense de la famille a vigoureusement rejeté ces arguments, qualifiant ces explications de tentatives de réécriture des faits et de manipulations procédurières. L’avocate des parents et de la sœur du professeur a dénoncé une stratégie de la défense visant à faire croire à un simple malentendu, alors qu’une condamnation à mort virtuelle a été proférée.
L’atmosphère des débats, marquée par des incidents de procédure et des tensions, a été décrite comme particulièrement éprouvante pour les proches. Ceux-ci ont dû, selon leurs conseils, affronter des insultes pour préserver la mémoire d’un fils, d’un frère et d’un enseignant dévoué. Si des regrets ont été exprimés par l’un des accusés, l’attitude de l’autre, décrite comme dépourvue de toute empathie et poursuivant une forme de croisade idéologique, a été pointée du doigt. Ses avocats ont insisté sur le fait que cet individu représentait un « danger public » et qu’il n’avait tiré aucune leçon des conséquences de ses actes.
La requête finale a donc été double. Outre une sanction judiciaire à la hauteur des faits, la famille et ses représentants ont réclamé une forme de protection symbolique et juridique contre les discours de haine. Les débats s’achèvent désormais. Le ministère public présentera ses réquisitions ce vendredi, avant les ultimes plaidoiries de la défense. La cour rendra son verdict lundi.
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