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Économie

La disparition programmée de 60 Millions de consommateurs suscite l’amertume et l’inquiétude

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Le gouvernement a acté la liquidation de l’Institut national de la consommation, éditeur du magazine emblématique. Les équipes dénoncent une décision politique aux conséquences lourdes pour l’information des citoyens.

Une cinquantaine de personnes, salariés, élus et sympathisants, se sont rassemblées ce lundi devant le siège de l’Institut national de la consommation à Malakoff. La mobilisation visait à protester contre la fermeture de cet organisme public, dont la dissolution est inscrite dans le projet de budget pour 2026. Le titre *60 Millions de consommateurs*, publication de référence indépendante financée par l’abonnement, est directement menacé.

Les représentants du personnel expriment un profond désarroi face à cette décision, qu’ils jugent incompréhensible. Le motif officiel, d’ordre budgétaire, est contesté. Un délégué syndical évoque plutôt un « dogmatisme » et estime que le ministère de l’Économie et des Finances cherchait depuis longtemps à mettre un terme aux activités de l’institut. La liquidation de cette structure, créée en 1966 et devenue un établissement public industriel et commercial en 1990, entraînerait le licenciement d’une soixantaine de personnes, à moins qu’un repreneur privé ne soit identifié.

Cette éventualité soulève cependant de vives interrogations quant au maintien de l’indépendance éditoriale du magazine, qui repose notamment sur une absence totale de publicité. Les salariés redoutent que son intégrité et sa mission de contre-pouvoir ne puissent être préservées dans un cadre purement commercial. Le sentiment qui prévaut est celui d’une page qui se tourne, malgré un déficit récent présenté comme modeste au regard du chiffre d’affaires.

Les journalistes insistent sur la singularité et l’utilité sociale de leur travail. Leurs enquêtes, souvent menées en collaboration avec des ingénieurs et appuyées par des analyses en laboratoire, visent à éclairer le public sur la composition réelle des produits, les pratiques marketing ou la présence de substances indésirables. La disparition de cette expertise laisserait, selon eux, les consommateurs plus démunis face à la puissance des industriels. Une rédactrice chevronnée parle d’un « énorme gâchis » pour la protection des citoyens.

Le rôle de lanceur d’alerte de la publication est régulièrement mis en avant. Des élus présents au rassemblement ont qualifié la liquidation de « sabotage », estimant que l’économie budgétaire réalisée serait dérisoire comparée aux bénéfices qu’en tireraient certains acteurs économiques. Ils pointent le risque de voir s’affaiblir un rempart essentiel face à des produits parfois dangereux qui inondent le marché, citant en exemple des affaires récentes portées à la connaissance des autorités grâce au magazine.

Si l’issue semble actée, une lueur d’espoir subsiste du côté de certains administrateurs, qui évoquent la possibilité d’un ultime recours juridique. Dans l’immédiat, l’ambiance est à la résignation teintée d’amertume, les équipes ayant le sentiment d’avoir livré leur dernier combat après des années de pressions. La fin de cette institution est perçue comme un signal fort sur la place accordée à une information critique et indépendante au service de l’intérêt général.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Eurois

    2 février 2026 at 23 h 22 min

    Je suis adhérent de L’UFC QUE CHOISIR qui fait le job sans couter un euro au contribuable.
    Dès lors que l’INC est infichu d’équilibrer sa gestion, alors je suis pleinement d’accord pour sa disparition.

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