Économie
La Croatie face à l’épreuve de l’intégration de sa nouvelle main-d’œuvre asiatique
L’afflux de dizaines de milliers de travailleurs venus d’Asie pour pallier l’exode de la population locale expose une société croate peu préparée à des tensions sociales croissantes et à des actes de rejet.
Un jeune livreur indien, arrivé il y a un an à Zagreb avec l’espoir d’une vie meilleure, a subi à deux reprises des insultes et des crachats dans la rue, tandis qu’on tentait de lui dérober son sac. Son expérience, loin d’être isolée, illustre une réalité qui se banalise dans le pays. Alors que les besoins en main-d’œuvre sont criants, en particulier dans l’hôtellerie et la restauration, les agressions à caractère raciste se multiplient à l’encontre des Népalais, Philippins ou Indiens qui ont répondu à l’appel.
Cette dépendance nouvelle est la conséquence directe d’une hémorragie démographique. En une décennie, la Croatie aurait perdu près de quatre cent mille habitants, poussés à émigrer vers des économies plus dynamiques, tandis que la natalité s’effondrait. L’entrée dans l’espace Schengen en 2023 a accéléré le recrutement à l’étranger. L’an dernier, quatre permis de travail sur dix ont ainsi été octroyés à des ressortissants de ces trois nationalités.
Leur arrivée massive constitue un choc pour une nation historiquement homogène et très conservatrice, où la pratique catholique reste majoritaire. Débarquant le plus souvent sans aucune maîtrise de la langue et sans réseau, ces travailleurs se retrouvent dans une grande précarité. Les groupes de discussion qu’ils utilisent relatent des agressions physiques fréquentes, allant jusqu’à des fractures, rarement portées à la connaissance des autorités.
Leur vulnérabilité est souvent exacerbée par leurs conditions de vie et de travail. Certains employeurs ou agences de recrutement les logent dans des appartements surpeuplés et insalubres, dont le loyer exorbitant absorbe l’essentiel de leur rémunération. Des amendes abusives sont parfois infligées pour le moindre écart à un règlement intérieur très strict, une situation dénoncée comme une forme d’exploitation.
Cette présence nouvelle alimente un sentiment de défiance au sein de la population. Une large majorité de Croates se déclare désormais insatisfaite de l’arrivée de ces travailleurs, un chiffre en nette progression. Les craintes portent sur d’éventuels effets sur les salaires, l’emploi, ou des différences culturelles perçues comme trop marquées. Un discours politique, évoquant un hypothétique « remplacement » de population, s’est développé en surfant sur ces inquiétudes.
Face à cette montée des tensions, le gouvernement a récemment annoncé des mesures visant à renforcer la protection des travailleurs étrangers et à rendre obligatoire un test de langue pour les séjours de longue durée. Pour beaucoup, cependant, l’intégration reste un parcours semé d’embûches, entre la barrière linguistique et la difficulté à se sentir accepté.
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