Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

La Corée du Sud admet des décennies d’adoptions internationales frauduleuses

Article

le

Pour la première fois, Séoul reconnaît la responsabilité de l’État dans des dizaines de milliers de cas d’adoptions abusives à l’étranger, marquant un tournant historique après la publication d’un rapport officiel accablant.

Le gouvernement sud-coréen a présenté ses excuses officielles concernant les manquements systématiques ayant entaché les procédures d’adoption internationale d’enfants pendant plusieurs décennies. Cette reconnaissance intervient à la suite des conclusions d’une commission indépendante chargée d’enquêter sur ces pratiques, qui a mis en lumière des irrégularités généralisées et des violations des droits fondamentaux.

Le président Lee Jae-myung a exprimé des regrets au nom de la nation, soulignant que l’État n’avait pas rempli son devoir de protection envers les enfants adoptés à l’étranger et leurs familles biologiques. Il a évoqué les souffrances endurées par ces personnes et s’est engagé à ce que de telles défaillances ne se reproduisent plus.

Les investigations ont révélé que de nombreux dossiers d’adoption avaient été falsifiés, avec des cas d’enregistrements frauduleux, des identités modifiées et des consentements non respectés. Les autorités n’auraient pas suffisamment encadré les organismes privés, permettant à certains de tirer profit de ces adoptions sans contrôle approprié.

Entre 1955 et 1999, plus de 140 000 enfants sud-coréens ont été confiés à des familles à l’étranger. Ce phénomène, initié après la guerre de Corée, s’est intensifié dans les années 1970 et 1980, générant des revenus considérables pour les agences locales. Le rapport indique qu’en 1984, près de la totalité des demandes d’adoption internationale étaient approuvées en moins de 48 heures, sans vérifications suffisantes.

Aujourd’hui, les adoptions internationales concernent principalement les enfants de mères célibataires, souvent contraintes d’y recourir dans un contexte social encore marqué par des normes conservatrices. Le gouvernement a annoncé une réforme du système, privilégiant désormais les structures publiques et renforçant la protection des droits des enfants.

Cette reconnaissance officielle constitue une étape majeure pour les personnes adoptées et leurs proches, qui réclamaient depuis des années la vérité sur les conditions de leur placement. Elle ouvre la voie à des mesures correctives et à un accompagnement renforcé des familles touchées par ces pratiques.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus