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La commission sur l’audiovisuel public s’achève dans la discorde
_**Après quatre mois de travaux tumultueux, les débats se sont conclus par un vif affrontement entre la présidente de France Télévisions et le rapporteur de la commission, laissant présager un rapport qui ne manquera pas de susciter la controverse.**_
La commission d’enquête parlementaire consacrée au secteur public de l’audiovisuel a clos ses auditions mercredi dernier. Cette ultime séance a été marquée par un échange particulièrement tendu entre Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, et le député rapporteur Charles Alloncle. Ce dernier doit désormais remettre ses conclusions dans un délai de deux semaines, un document dont la publication est attendue avec une certaine appréhension par les acteurs du secteur.
L’entretien, le soixante-septième et dernier de cette série, a rapidement dévié vers un désaccord fondamental sur les finances du groupe. La dirigeante a défendu la rigueur de la gestion, soulignant une réduction significative des coûts en valeur réelle sur la dernière décennie, malgré une baisse des concours publics. En face, l’élu a persisté à mettre en avant une haverture globale de la dotation de l’État depuis 2015. L’incompréhension mutuelle a culminé lorsque Mme Ernotte Cunci a qualifié les affirmations du rapporteur de « totalement fausses », dénonçant une présentation des chiffres qu’elle a jugée « très manipulatoire ».
Cet épisode final reflète l’atmosphère générale qui a prévalu durant les quatre mois d’investigation. Lancée à l’initiative de l’UDR, alliée au Rassemblement National, cette commission a été émaillée de passes d’armes entre le rapporteur et plusieurs personnalités auditionnées. Certaines ont publiquement critiqué ses méthodes, perçues comme agressives, tandis que d’autres y ont vu une nécessaire mise en lumière des dérives d’un système. Le député Alloncle estime en effet avoir révélé des gaspillages et une opacité dans l’utilisation des fonds publics, ainsi que des conflits d’intérêts potentiels.
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a pour sa part tenté de dresser un bilan équilibré. Il a reconnu que les travaux avaient permis d’identifier certains dysfonctionnements, tout en réaffirmant le rôle indispensable d’un service public de l’audiovisuel face à la concurrence des géants numériques. Un point de vue partagé par la présidente de France Télévisions, qui a rappelé la mission fondamentale de fournir une information fiable à tous les citoyens.
Les conclusions du rapporteur, qui pourraient inclure des propositions de réforme législative, seront soumises au vote des trente-et-un membres de la commission le 27 avril prochain. En cas de rejet, une hypothèse rare, l’intégralité des travaux resterait confidentielle, refermant ainsi sans débat public un chapitre déjà très disputé.
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