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La colère malgache s’intensifie face au pouvoir en place

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Le mouvement de protestation initié par la jeune génération gagne en ampleur à Madagascar, où des appels à la grève générale et à de nouvelles manifestations réclament le départ du président Andry Rajoelina.

La tension politique ne faiblit pas à Madagascar. Pour la sixième journée consécutive, des rassemblements hostiles au chef de l’État se sont multipliés à travers le pays. Les manifestants, emmenés par la Génération Z, exigent désormais ouvertement la démission du président Rajoelina, jugé responsable de la dégradation des conditions de vie sur la Grande Île.

Mercredi, le centre d’Antananarivo était partiellement bouclé par les forces de l’ordre, tandis que des milliers de personnes défilaient dans d’autres villes comme Antsiranana. La mobilisation dépasse désormais le cadre de la capitale, gagnant les principales agglomérations de l’île. Les protestataires arborent un symbole singulier, le drapeau pirate du manga « One Piece », déjà vu lors de mouvements similaires en Asie.

La radicalisation du mouvement intervient après des interventions des forces de sécurité ayant causé la mort d’au moins vingt-deux personnes selon les Nations unies. Le limogeage du gouvernement annoncé lundi n’a pas apaisé la colère populaire. Un porte-parole étudiant anonyme a affirmé que cette mesure était insuffisante, réitérant l’exigence d’un départ pur et simple du président.

Les revendications se sont élargies pour inclure la dissolution du Sénat, de la Haute Cour constitutionnelle et de la commission électorale. Les organisateurs réclament également des poursuites judiciaires contre Many Ravatomanga, considéré comme le principal soutien financier du pouvoir.

Le mouvement s’accompagne désormais d’un appel à la grève générale, déjà suivi par les inspecteurs du travail et les employés de la compagnie nationale d’eau et d’électricité. Ces derniers sont au cœur des griefs initiaux, les coupures répétées ayant déclenché le mécontentement populaire fin septembre.

La communauté internationale commence à réagir, le souverain pontife ayant exprimé sa tristesse face aux événements et appelé à la promotion de la justice. Le contexte socioéconomique alarmant explique en partie cette colère persistante. Près des trois quarts de la population vit sous le seuil de pauvreté, tandis que l’île figure parmi les pays les plus corrompus au monde selon Transparency International.

Andry Rajoelina, arrivé initialement au pouvoir en 2009 après un soulèvement populaire, avait été élu en 2018 puis réélu l’an dernier lors d’un scrutin controversé. Après seize années d’influence politique, son bilan est sévèrement contesté par une jeunesse qui dit voir son avenir s’assombrir.

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