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Culture

La Berlinale sous tension après des prises de parole controversées

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_**La directrice du festival, Tricia Tuttle, fait l’objet d’un soutien massif de la profession cinématographique, malgré les critiques antérieures de certaines figures, dans un contexte de vives polémiques politiques.**_

La direction de la Berlinale se trouve au cœur d’une tourmente médiatique et politique. Convoquée ce jeudi par le ministre de la Culture, la directrice Tricia Tuttle a rencontré le conseil de surveillance de l’institution organisatrice. Les échanges, décrits comme ouverts, ont notamment porté sur les déclarations prononcées lors de la dernière cérémonie de clôture. Le ministère a indiqué que les discussions se poursuivraient dans les prochains jours, sans qu’une décision concernant son maintien à la tête du festival n’ait été communiquée.

Cette convocation fait suite à la remise des prix de la 76e édition, durant laquelle un cinéaste primé a tenu des propos dénonçant la position allemande dans le conflit israélo-palestinien. Ces déclarations, largement relayées, ont provoqué une onde de choc et conduit à des appels à la démission de la directrice. Certains médias avaient même évoqué la volonté du ministre de la Culture de la limoger.

Face à cette pression, près de sept cents professionnels du cinéma ont signé une lettre ouverte pour défendre Tricia Tuttle et l’esprit du festival. Les signataires, parmi lesquels figurent des noms prestigieux comme la comédienne Tilda Swinton ou le réalisateur Sean Baker, estiment que la Berlinale doit rester un espace de dialogue et de liberté d’expression. Ils rappellent que les prises de parole individuelles des artistes invités n’engagent en rien l’institution elle-même.

Ce soutien marqué présente un paradoxe notable. Plusieurs des signataires, dont Tilda Swinton, avaient publiquement critiqué la direction du festival quelques semaines plus tôt, lui reprochant alors une forme de censure à l’encontre des artistes souhaitant exprimer leurs positions sur le conflit. Le débat avait été initié par le refus du président du jury, Wim Wenders, de commenter la politique étrangère allemande.

L’affaire dépasse le cadre strict du cinéma et touche à la diplomatie culturelle de l’Allemagne. En raison de son histoire, le pays entretient une relation particulière avec Israël, un soutien qui est régulièrement questionné, notamment au regard de la situation à Gaza. La Berlinale, en tant qu’événement culturel majeur, se retrouve ainsi à devoir naviguer entre liberté artistique, positions politiques individuelles et responsabilités institutionnelles, un équilibre toujours fragile.

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