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La Berlinale face à la pression d’artistes internationaux sur la question palestinienne

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_**Plus de quatre-vingts figures du cinéma, parmi lesquelles Javier Bardem et Tilda Swinton, interpellent la direction du festival, lui reprochant son silence et son positionnement face à la situation à Gaza.**_

La Berlinale se voit une nouvelle fois sommée de clarifier sa position. Une lettre ouverte, signée par une large coalition de professionnels du septième art, a été rendue publique mardi. Ses auteurs, se présentant comme d’anciens et actuels participants à la manifestation berlinoise, expriment leur profonde inquiétude. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient d’implication du festival dans une forme de censure à l’encontre des artistes prenant position, ainsi que le soutien apporté par l’État allemand à Israël.

Cette initiative fait suite à des déclarations ayant suscité la controverse lors de l’ouverture de l’événement. Interrogé sur le rôle du cinéma face aux conflits politiques, le président du jury, Wim Wenders, avait estimé que l’art devait se tenir à distance de la sphère politique. Un propos ayant provoqué le mécontentement de plusieurs personnalités, dont l’écrivaine Arundhati Roy, qui a par la suite annulé sa venue.

Les signataires, parmi lesquels figurent également les réalisateurs Adam McKay, Fernando Meirelles et Mike Leigh, ou encore les comédiennes françaises Blanche Gardin et Adèle Haenel, appellent la Berlinale à afficher une opposition claire aux actions menées à Gaza. Ils estiment que le cinéma et les prises de position politiques sont indissociables.

La direction du festival avait tenté d’apaiser les tensions en début de semaine. Sa directrice, Tricia Tuttle, avait rappelé le droit à la liberté d’expression de chaque artiste, tout en soulignant qu’ils ne pouvaient être contraints de s’exprimer sur tous les sujets. Cette réponse n’a pas mis un terme aux interrogations.

Le contexte historique allemand et son soutien affiché à Israël placent régulièrement les institutions culturelles du pays dans une position délicate. La Berlinale, perçue comme un événement progressiste, n’échappe pas à ce débat. L’an dernier déjà, des cinéastes avaient dénoncé la situation lors de cérémonies, comme le réalisateur américain Ben Russell, apparu avec un keffieh, ou le Palestinien Basel Adra, coauteur d’un documentaire sur la Cisjordanie.

À ce jour, les activités du festival se déroulent sans perturbation notable. Les montées des marches et les projections se succèdent dans le quartier de la Potsdamer Platz, même si la polémique continue d’occuper une partie des discussions en coulisses.

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