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La bataille pour Saint-Denis s’enlise dans les accusations et les procédures

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La campagne électorale dans la plus grande ville de Seine-Saint-Denis est marquée par une escalade verbale et judiciaire entre le maire sortant et son principal rival.

L’atmosphère est devenue particulièrement délétère dans la course à la mairie de Saint-Denis. Les échanges entre le socialiste Mathieu Hanotin, candidat à sa succession, et Bally Bagayoko, tête de liste d’une union de la gauche, ont dépassé le simple débat d’idées pour entrer dans le registre des accusations personnelles et des menaces de poursuites.

Le conflit a pris une nouvelle dimension avec des déclarations du maire sortant établissant un lien entre les positions de son adversaire sur la sécurité et les intérêts supposés des trafiquants de stupéfiants. Ces allusions ont été perçues comme une ligne rouge franchie par le camp de Bally Bagayoko, qui y voit une stigmatisation grave et diffamatoire, proche selon lui des méthodes de l’extrême droite. L’élu insoumis, éducateur de profession, a vivement rejeté toute association avec la délinquance et a annoncé le dépôt d’une plainte.

De son côté, Mathieu Hanotin maintient ses propos, affirmant relayer une réalité de terrain sans accuser directement son concurrent de complicité. Il s’en remet à la justice pour trancher ce différend. La polémique s’enracine dans un désaccord profond sur la politique de sécurité. La liste d’union de la gauche propose une réorientation de la police municipale vers une mission de proximité, sans remettre en cause ses effectifs, et conteste l’utilité de son armement systématique pour lutter contre le trafic de drogues, une tâche qu’elle estime relever prioritairement de la police nationale.

Les tensions se sont encore accrues avec des publications sur les réseaux sociaux. Une élue de la majorité en place a suggéré que des vidéos de campagne de l’opposition étaient tournées à proximité d’anciens repaires liés au trafic, une insinuation qualifiée de calomnieuse. Sofia Boutrih, cheffe de file des communistes alliés à Bally Bagayoko, a annoncé son intention de porter plainte à ce sujet, ainsi que pour les propos sur le vote des trafiquants.

Un autre front s’est ouvert autour d’un article de presse locale que le maire sortant assimile à une manœuvre de déstabilisation, une « boule puante » selon ses termes. Il dénonce des atteintes répétées à sa vie privée, allant de la publication de photos de son domicile à des accusations sur sa gestion d’une copropriété, et menace à son tour de saisir la justice. Cette surenchère d’accusations et de procédures annoncées obscurcit le débat sur les projets pour la ville et témoigne d’une campagne qui s’est durablement envenimée à quelques semaines du scrutin.

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