Culture
Khaled el-Enany, un artisan du consensus pour l’Unesco

L’égyptologue succède à la tête de l’organisation onusienne avec un mandat clair, rétablir l’unité et les finances d’une institution fragilisée par les départs successifs de plusieurs États membres.
L’élection de Khaled el-Enany à la direction générale de l’Unesco marque un tournant pour l’institution. L’ancien ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités a recueilli une large majorité des suffrages lors du vote organisé à Samarcande, devançant son concurrent congolais Firmin Edouard Matoko. À 54 ans, il devient le premier ressortissant d’un pays arabe à occuper ce poste et le deuxième Africain après le Sénégalais Amadou Mahtar Mbow.
Dans son discours d’investiture, le nouveau directeur général a immédiatement fixé les priorités de son mandat. Il a plaidé pour une organisation « forte et unie », privilégiant le consensus face aux divisions. Cette orientation répond directement aux critiques récurrentes adressées à l’Unesco, récemment accentuées par le retrait des États-Unis, qui dénoncent des positions qu’ils jugent partiales. Le départ américain, effectif fin 2026, prive l’institution de huit pour cent de son budget global.
Diplômé en égyptologie et ancien enseignant-chercheur, Khaled el-Enany présente un profil singulier. Francophile et polyglotte, il a dirigé plusieurs institutions muséales avant d’embrasser une carrière ministérielle. Son parcours professionnel l’a conduit de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire à la tête du Musée égyptien, puis aux responsabilités gouvernementales. Il affirme avoir développé une passion précoce pour le patrimoine lors de son expérience comme guide touristique, notamment sur le site d’Abou Simbel, sauvé par l’Unesco dans les années 1960.
Son action ministérielle a cependant suscité certaines réserves. Des organisations de défense du patrimoine ont pointé des travaux controversés dans la nécropole du Caire, où des expulsions d’habitants et le déplacement de sépultures avaient provoqué des protestations. Bien que son ministère ait à l’époque nié toute destruction de monuments classés, ces épisodes ont alimenté les réticences de certains observateurs.
Face aux défis financiers, Khaled el-Enany entend renforcer les partenariats avec le secteur privé pour compenser la perte des contributions américaines. Il a également annoncé son intention de œuvrer au retour des États-Unis dans l’organisation. Le nouveau directeur général prendra ses fonctions le 15 novembre pour un mandat de quatre ans, avec pour mission de redonner à l’Unesco son rayonnement et sa stabilité financière.

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