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Karol Nawrocki accède à la présidence polonaise dans un climat politique tendu

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L’historien conservateur prend les rênes du pays face à un gouvernement pro-européen, annonçant une cohabitation complexe.

Ce mercredi marque un tournant institutionnel en Pologne avec l’investiture officielle de Karol Nawrocki à la présidence de la République. L’ancien historien, issu des rangs du parti nationaliste Droit et Justice (PiS), succède à Andrzej Duda après une élection serrée face au candidat pro-européen Rafal Trzaskowski. Son entrée en fonction ouvre une période d’incertitude quant à la collaboration avec le gouvernement de coalition dirigé par Donald Tusk, dont les orientations politiques s’opposent frontalement aux siennes.

La cérémonie d’investiture, organisée devant les chambres réunies du Parlement, sera suivie d’une série d’événements protocolaires, dont une messe en l’honneur de la nation. Des rassemblements de soutien sont également prévus dans la capitale, reflétant l’adhésion d’une partie de l’électorat à sa ligne souverainiste. Nawrocki, qui a axé sa campagne sur la défense des intérêts nationaux, entend jouer un rôle actif malgré les limites constitutionnelles de sa fonction.

Les observateurs anticipent des tensions persistantes entre le nouveau président et l’exécutif, notamment sur des sujets sensibles comme la politique migratoire, les relations avec l’Union européenne ou le soutien à l’Ukraine. Nawrocki a déjà qualifié le cabinet Tusk de « pire gouvernement de l’histoire polonaise » et promis d’user de son droit de veto pour contrer certaines réformes. De son côté, le Premier ministre a averti qu’il ne laisserait pas sa majorité parlementaire être entravée.

Sur le plan international, le positionnement du nouveau chef de l’État suscite des interrogations. Proche de l’ancien président américain Donald Trump, il a exprimé son scepticisme quant à l’élargissement de l’OTAN à l’Ukraine et critiqué Kiev pour son manque de reconnaissance envers Varsovie. Pourtant, un récent échange téléphonique avec Volodymyr Zelensky a laissé entrevoir une certaine continuité dans le soutien polonais.

À deux ans des prochaines législatives, cette cohabitation conflictuelle pourrait accentuer les divisions au sein d’un pays déjà profondément polarisé. Entre affirmation nationaliste et attachement à l’Europe, l’ère Nawrocki s’annonce comme un test pour la stabilité politique polonaise.

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