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Kaboul étouffe sous la pression immobilière

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La capitale afghane fait face à une pénurie de logements sans précédent, plongeant des milliers de familles dans une précarité alarmante.

Le retour massif d’Afghans expulsés du Pakistan et d’Iran a aggravé une situation déjà tendue sur le marché immobilier de Kaboul. Des centaines de milliers de personnes, souvent démunies, se heurtent à des loyers prohibitifs et à un parc locatif saturé. Mohammed Mohsen Zaryab, 47 ans, en fait l’amère expérience. Après des semaines de recherches infructueuses, cet ancien ouvrier en Iran peine à trouver un toit pour sa femme et ses sept enfants. Les propriétaires, conscients de la demande croissante, refusent toute négociation.

La capitale, qui compte près de huit millions d’habitants, absorbe difficilement cet afflux. Selon les professionnels du secteur, les prix ont doublé en un an. Un modeste trois-pièces, autrefois accessible pour 10 000 afghanis, en coûte désormais 20 000. Une somme inabordable pour une population dont 85 % vit avec moins d’un dollar par jour. Les agents immobiliers constatent une inversion du marché. Là où les propriétaires sollicitaient autrefois leurs services, ce sont désormais des locataires désespérés qui frappent à leur porte.

Les autorités municipales se veulent rassurantes, évoquant un simple ajustement du marché. Pourtant, les grands travaux d’urbanisation, avec leurs expulsions forcées, exacerbent les difficultés. Zahra Hashimi, rentrée d’Iran avec sa famille, occupe un sous-sol insalubre. Son mari, journalier, gagne à peine de quoi survivre. Leur fille aînée, scolarisée en Iran, est désormais privée d’éducation, les talibans ayant interdit l’école aux filles après 12 ans.

Même les habitants de longue date subissent cette flambée des prix. Tamana Husseini, couturière dans l’ouest de Kaboul, redoute une hausse de son loyer. Avec huit personnes à charge, un déménagement semble impossible. Les quartiers abordables manquent, et quitter la ville reviendrait à renoncer aux rares opportunités professionnelles. Une impasse qui résume le drame silencieux d’une capitale au bord de l’asphyxie.

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