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Isabelle Huppert incarne l’éternité vampirique à Vienne

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L’actrice française prête ses traits à une comtesse légendaire dans le nouveau film d’Ulrike Ottinger, présenté à la Berlinale, une œuvre baroque et mordante portée par la plume d’Elfriede Jelinek.

Isabelle Huppert s’empare d’un mythe historique avec la grâce et la puissance qu’on lui connaît. Sous la direction d’Ulrike Ottinger, figure majeure de l’avant-garde allemande, elle incarne Élisabeth Báthory, cette aristocrate de la Renaissance associée aux légendes vampiriques. Le film, présenté hors compétition au Festival de Berlin, plonge le spectateur dans une Vienne intemporelle, où les strates du passé et du présent se confondent.

L’écriture acérée d’Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature, imprime sa marque au récit. L’actrice souligne la tonalité unique de l’œuvre, à la fois incisive et traversée d’une forme d’humour noir, caractéristique selon elle d’une certaine tradition autrichienne. La réalisatrice, pour sa part, explique avoir souhaité ancrer les dialogues dans des références précises à la culture et à l’histoire du pays.

Le tournage a conduit l’équipe à travers les décors évocateurs de la capitale autrichienne et des anciennes provinces de l’Empire. Isabelle Huppert évoque un lien profond avec cette ville, qu’elle fréquente depuis l’enfance et où elle a tourné à plusieurs reprises. Le film joue de cette familiarité, naviguant avec fluidité entre les époques, des somptueux palais baroques aux lieux plus insolites comme un lac souterrain, où glisse la péniche écarlate de la comtesse.

Loin des clichés sanguinaires, l’approche d’Ulrike Ottinger privilégie une esthétique onirique et une satire sociale. La présence de la drag queen Conchita Wurst, saluée par l’interprète principale, ajoute une dimension vocale et visuelle singulière. L’actrice française perçoit dans ce récit une métaphore sur les rapports de pouvoir, où une aristocratie se nourrit symboliquement du commun des mortels.

Interrogée sur d’éventuels parallèles avec son personnage, Isabelle Huppert écarte toute identification personnelle. Quant au thème de l’immortalité que porte le mythe vampirique, elle exprime une réserve teintée d’ironie. Sa prestation, tout comme son apparition remarquée sur le tapis rouge, confirme une fois encore son statut de monument du cinéma, capable de se réinventer au service d’une vision artistique audacieuse.

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