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Hong Kong déploie un vaste réseau de surveillance par reconnaissance faciale

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La métropole financière accélère sa modernisation sécuritaire avec l’installation programmée de soixante mille caméras intelligentes, un dispositif qui suscite des interrogations sur l’équilibre entre sécurité publique et libertés individuelles.

Les autorités de Hong Kong ont officialisé un projet d’expansion massive de leur système de vidéosurveillance intégrant l’intelligence artificielle. Ce plan prévoit le déploiement de soixante mille dispositifs de surveillance d’ici 2028, soit une multiplication par quinze du parc actuel. Le système exploitera des algorithmes de reconnaissance faciale capable d’analyser en temps réel les flux vidéo.

Le ministre de la Sécurité a défendu cette orientation devant le Conseil législatif, soulignant que l’identification biométrique s’inscrivait dans la continuité des technologies déjà déployées pour le contrôle des foules et la lecture des plaques d’immatriculation. Il a précisé que cette évolution technique serait naturellement mobilisée pour des investigations criminelles, notamment dans la recherche de suspects. Les modalités pratiques concernant l’allocation des ressources et les choix technologiques font encore l’objet de réflexions.

Ce développement s’inscrit dans le cadre du programme « SmartView », présenté comme un outil essentiel pour la protection de la sécurité nationale et la prévention des infractions. Les statistiques officielles font état de plus de quatre cents affaires résolues et près de huit cents interpellations depuis son activation l’an passé. Les premières applications de reconnaissance faciale en temps réel devraient être opérationnelles avant la fin de l’année en cours.

Cette approche sécuritaire rejoint des pratiques observées dans d’autres juridictions, où l’usage de l’identification biométrique dans l’espace public alimente des débats sur l’étendue des pouvoirs gouvernementaux et les risques d’atteinte à la vie privée. Certains experts pointent également les possibilités d’erreurs d’identification pouvant conduire à des interpellations injustifiées. L’Union européenne a d’ailleurs adopté une réglementation encadrant strictement ces technologies, avec une interdiction quasi-totale de leur utilisation en temps réel dans les lieux publics.

À Hong Kong, l’organisme indépendant chargé de la protection des données personnelles n’a pas communiqué sur d’éventuelles consultations préalables concernant ce programme de vidéosurveillance élargi. Cette absence de position publique intervient dans un contexte international où les cadres juridiques sur la reconnaissance faciale font l’objet de vives discussions entre impératifs sécuritaires et garanties des libertés fondamentales.

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