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Culture

Holding Liat, l’intime au cœur du chaos

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Le documentaire primé de Brandon Kramer plonge dans le quotidien d’une famille israélienne, déchirée entre deuil et engagement politique, après l’enlèvement de deux des siens.

Le film suit pendant près de deux ans les proches de Liat Atzili et de son époux Aviv, capturés dans leur kibboutz lors des événements du 7 octobre. Primé à la Berlinale, l’œuvre s’attache moins aux faits qu’aux répercussions intimes d’un drame collectif. Elle saisit les tensions et les questionnements qui traversent cette famille aux convictions progressistes, longtemps partisane du dialogue avec les Palestiniens.

La caméra s’ouvre sur Yehuda, le père de Liat. Cet homme, qui partage un lien de parenté éloigné avec le réalisateur, organise un déplacement à Washington pour interpeller les responsables politiques américains. Il estime que la classe dirigeante, tant israélienne que palestinienne, conduit inexorablement à la mort. Son voyage aux États-Unis, entrepris avec d’autres familles de disparus, révèle rapidement des fractures. Sa fille aînée, installée outre-Atlantique, refuse catégoriquement de pointer la responsabilité du Premier ministre israélien dans les discussions, une démarche pourtant essentielle aux yeux de son père.

Ces divergences stratégiques illustrent les débats qui agitent le cercle familial. Chacun cherche sa propre voie pour soutenir les absents, entre action diplomatique et retrait. Netta, le fils cadet du couple, qui a échappé de justesse aux assaillants, ne saisit pas la volonté de son grand-père de donner une dimension politique à leur combat. La sœur de Liat, quant à elle, ayant quitté Israël, s’interroge sur la possibilité même d’une coexistence après de tels actes.

Liat Atzili est libérée au terme de cinquante-quatre jours de captivité. Son mari ne reviendra pas. La dernière partie du film l’accompagne dans son deuil et son lent travail de reconstruction, alors qu’elle continue de militer pour la paix. Le réalisateur explique avoir voulu montrer l’humanité de cette femme et de sa famille, soulignant la force de son empathie envers les civils palestiniens malgré l’épreuve subie. À travers ce portrait, il espère participer à briser ce qu’il décrit comme des cycles de violence destructeurs.

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