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Hiroshima, mémoire vive d’un monde sans armes nucléaires

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Huit décennies après le bombardement atomique, la cité japonaise incarne plus que jamais l’urgence du désarmement nucléaire face aux tensions géopolitiques actuelles.

Ce mercredi, Hiroshima a marqué le 80e anniversaire du premier bombardement atomique de l’histoire par une minute de silence observée à l’heure exacte du largage. Cent nations étaient représentées lors de cette cérémonie solennelle, tandis que les autorités locales ont lancé un appel pressant à l’abandon des arsenaux nucléaires. Le 6 août 1945, l’explosion avait causé la mort de 140 000 personnes, suivie trois jours plus tard par celle de Nagasaki où périrent 74 000 civils. Ces événements restent à ce jour les seuls emplois d’armes atomiques en contexte guerrier.

Le maire Kazumi Matsui a dénoncé l’attitude des puissances nucléaires, soulignant que les États-Unis et la Russie détiennent à eux seuls 90 % des ogives mondiales. « Certains dirigeants persistent à considérer ces armes comme indispensables à leur sécurité nationale, ignorant délibérément les enseignements de l’histoire », a-t-il déclaré devant le cénotaphe où brûle une flamme commémorative. Le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a rappelé la responsabilité particulière de son pays, seule nation à avoir subi de telles attaques, dans la promotion du désarmement.

Parmi les 120 délégations présentes figuraient pour la première fois des représentants palestiniens et taïwanais, bien que Tokyo ne reconnaisse pas officiellement ces territoires. La Russie, absente à Hiroshima, devrait en revanche participer aux commémorations de Nagasaki ce samedi – une première depuis le début du conflit en Ukraine. Le pape Léon XIV a salué dans un message les deux villes comme « témoins irréfutables des ravages nucléaires », alors que les tensions internationales ne cessent de croître.

Les survivants, dont la moyenne d’âge atteint désormais 86 ans, continuent de porter leur message. Takako Hirano, 69 ans, orpheline du bombardement, insiste sur la nécessité de transmettre cette mémoire. « Mes parents sont morts des suites des radiations, et quatre-vingts ans après, des gens souffrent encore », confie Yoshie Yokoyama, 96 ans, venue avec son petit-fils. L’organisation Nihon Hidankyo, lauréate du prix Nobel de la paix 2024, s’appuie sur ces témoignages pour exhorter les États à éliminer leurs arsenaux.

Hiroshima, aujourd’hui métropole dynamique de 1,2 million d’habitants, conserve en son cœur les vestiges du Dôme, symbole de sa destruction. « Nous avons reconstruit une ville, mais surtout l’espoir d’un avenir sans armes atomiques », a déclaré le secrétaire général de l’ONU dans un hommage aux habitants. Yukiyo Kokufu, 75 ans, dont la famille fut décimée par le bombardement, lance un appel poignant : « Que personne ne devienne jamais hibakusha à son tour. La paix exige plus que la dissuasion – elle exige notre engagement commun. »

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