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Économie

Glencore recentre sa stratégie sur le métal rouge après l’impasse avec Rio Tinto

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Le géant suisse des matières premières présente ses résultats annuels dans un contexte de recentrage stratégique. L’échec des pourparlers de fusion pousse le groupe à accélérer ses plans de développement autonome dans le cuivre, un métal au cœur des transitions technologique et énergétique.

Les perspectives du groupe Glencore seront scrutées à l’occasion de la publication de ses comptes annuels. Cet exercice intervient peu après la conclusion, début février, des discussions exploratoires avec le minier Rio Tinto. Les deux groupes ont renoncé à un projet de fusion, partielle ou totale, qui aurait donné naissance à un acteur d’une envergure estimée à deux cent soixante milliards de dollars. Les désaccords portaient notamment sur la gouvernance de la future entité, Rio Tinto souhaitant conserver l’ensemble des leviers de direction, une condition inacceptable pour la partie suisse.

Sur les marchés financiers, l’annonce de cet échec avait entraîné un recul de sept pour cent de l’action Glencore. De nombreux observateurs y voyaient pourtant une opportunité de valoriser pleinement le portefeuille d’actifs cuprifères du groupe, dans un contexte de flambée des cours. Le métal rouge a en effet atteint un niveau record fin janvier, à plus de quatorze mille cinq cents dollars la tonne, soit une progression de près de quarante-deux pour cent sur un an. Cette dynamique est portée par une demande soutenue émanant des secteurs de la transition énergétique, de la défense et des infrastructures numériques, notamment pour le développement de l’intelligence artificielle.

Face à cette conjoncture favorable, Glencore a dévoilé en décembre une feuille de route ambitieuse pour sa filière cuivre. L’objectif est de doubler sa production d’ici à 2035, pour atteindre un volume annuel de 1,6 million de tonnes. Pour y parvenir, le groupe, qui s’était déjà considérablement renforcé lors de sa fusion avec Xstrata en 2013, mise sur une dizaine de projets d’expansion et de développement, incluant la remise en service de la mine d’Alumbrera en Argentine. Cet effort nécessiterait des investissements dépassant les vingt-trois milliards de dollars.

Parallèlement, Glencore explore d’autres voies de partenariat. Peu avant l’échéance de l’offre de Rio Tinto, le groupe a confirmé être en discussions avec le consortium Orion CMC. Cette structure, associant le fonds Orion Resource Partners et le gouvernement américain, vise à sécuriser l’approvisionnement en matériaux critiques. Les pourparlers portent sur une possible prise de participation dans les actifs de Glencore en République démocratique du Congo, ainsi que sur des projets dans la ceinture de cuivre d’Afrique centrale.

Le secteur minier traverse une phase active de consolidation. Après l’abandon par BHP de son projet de rachat d’Anglo American, ce dernier est en passe d’obtenir l’aval réglementaire européen pour fusionner avec le canadien Teck Resources. Cette dynamique pourrait exercer une pression sur les autres majors. Certains analystes estiment que Glencore pourrait redevenir une cible de choix s’il se séparait de ses activités charbonnières, souvent perçues comme un frein aux rapprochements dans un paysage investisseur de plus en plus sensible aux critères environnementaux. Le groupe suisse, qui a consolidé sa position dans le charbon métallurgique via l’acquisition d’actifs de Teck Resources en 2023, défend pour l’heure farouchement cette branche d’activité.

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