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Gaza sous les bombes, une population prise au piège

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Alors que les opérations militaires s’intensifient dans la bande de Gaza, les civils palestiniens subissent de plein fouet les conséquences dramatiques des frappes aériennes. Leurs interrogations angoissées sur l’avenir immédiat se heurtent à l’impasse d’un conflit sans issue apparente.

Dans le camp de réfugiés d’al-Chati, la stupeur et la désolation règnent au lendemain d’un raid aérien. Les survivants, hagards, errent parmi les décombres encore fumants. Les cris déchirants des femmes en deuil se mêlent au silence des corps recouverts de draps blancs. Une mère serre contre elle l’enfant qu’elle a perdu, incapable de trouver les mots face à l’ampleur de la catastrophe. Les familles tentent de rassembler les dépouilles de leurs proches pour une sépulture précipitée, dans un paysage de ruines où plus rien ne distingue les rues des amas de gravats.

Les témoignages recueillis sur place décrivent une nuit de terreur. Les habitants évoquent l’effondrement soudain de leurs habitations sous l’impact des projectiles, sans aucun avertissement. Les rescapés, souvent en pyjama, ont tout perdu en quelques secondes. L’une d’elles, Salwa Sobhi Bakr, a vu cinq membres de sa famille disparaître dans l’explosion. Son désarroi est partagé par une communauté entière qui s’interroge sur les motivations des belligérants et sur l’absence de sanctuaire dans l’enclave palestinienne.

Plus au sud, dans le camp de Nousseirat, le même scénario se répète. La cour de l’hôpital local est transformée en morgue improvisée où s’alignent les sacs mortuaires. Les services de secours, débordés, peinent à prendre en charge l’afflux de victimes. Les équipes de la défense civile s’activent pour extraire les corps des immeubles effondrés, dans des conditions périlleuses. Les survivants, comme Iyad Chokr, racontent le miracle de leur survie et le choc de découvrir l’étendue des pertes humaines.

Cette recrudescence des opérations militaires intervient dans un contexte de déplacements massifs de population. Près de sept cent mille personnes auraient fui la ville de Gaza ces dernières semaines, suivant les injonctions contradictoires des autorités militaires. Cette migration forcée aggrave une crise humanitaire déjà critique, avec des familles entières errant sans abri ni ressources. Les réseaux sanitaires, à bout de souffle, ne parviennent plus à faire face aux besoins élémentaires.

Sur la scène internationale, les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la tribune des Nations Unies ont confirmé la détermination de son gouvernement à poursuivre les opérations. La stratégie annoncée vise à démanteler définitivement les structures du Hamas, qualifiées de dernière grande bastion dans la région. Cette position contraste avec les appels répétés de la communauté internationale à une désescalade.

Le conflit, déclenché par l’offensive du 7 octobre 2023, a engendré un bilan humain particulièrement lourd. Les sources palestiniennes font état de plusieurs dizaines de milliers de victimes, majoritairement civiles, tandis que le côté israélien déplore plus de mille deux cents morts. La vérification indépendante de ces chiffres reste complexe en raison des restrictions d’accès imposées aux observateurs extérieurs.

Sur le terrain, l’épuisement des civils est palpable. Après près de deux années de guerre, les capacités de résilience s’amenuisent face à la persistance des combats. Les questions des survivants sur leur devenir immédiat restent sans réponse, dans une bande de Gaza où chaque issue semble désormais barrée.

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