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Frontière Pologne-Allemagne : les contrôles rétablis font craindre un impact économique

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Le retour des vérifications aux postes-frontières inquiète les habitants et commerçants locaux, qui redoutent une baisse d’activité.

Le rétablissement des contrôles à la frontière entre la Pologne et l’Allemagne suscite des craintes parmi les populations locales. À Slubice, ville frontalière polonaise, les commerçants s’alarment déjà des conséquences sur leur chiffre d’affaires. Kinga Dziuba, gérante d’un bureau de tabac, explique que la majorité de sa clientèle est allemande et que ces mesures pourraient réduire significativement son trafic.

Les autorités polonaises justifient cette décision par la nécessité de lutter contre l’immigration clandestine. Depuis le début des opérations, les forces de l’ordre effectuent des vérifications aléatoires sur les véhicules traversant le pont reliant Slubice à Francfort-sur-l’Oder. Selon le ministre de l’Intérieur, cette mesure a déjà permis l’interpellation d’un ressortissant estonien soupçonné d’avoir facilité le passage illégal de migrants.

Du côté des entreprises et des travailleurs transfrontaliers, l’inquiétude grandit. Edyta Taryma, coiffeuse à Slubice, constate une baisse de 20 % de son activité depuis l’instauration des contrôles côté allemand. Les retards et les embouteillages dissuadent de nombreux clients habituels. Marek Klodnicki, employé administratif résidant en Pologne mais travaillant en Allemagne, déplore une perturbation majeure de la vie quotidienne et économique.

Les tensions politiques autour de la question migratoire ne font qu’aggraver la situation. Varsovie accuse Berlin de refouler systématiquement les demandeurs d’asile vers son territoire, une allégation que l’Allemagne dément. Les deux pays tentent malgré tout de coordonner leurs efforts, mais les acteurs locaux redoutent un effet « ping-pong », où les migrants seraient renvoyés d’un pays à l’autre sans solution durable.

Les organisations patronales allemandes alertent également sur les risques pour l’emploi dans les zones frontalières. Si les déplacements deviennent trop compliqués, les travailleurs pourraient se tourner vers d’autres opportunités, aggravant ainsi la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Alors que ces contrôles sont prévus pour une durée initiale de trente jours, renouvelable, la polémique ne faiblit pas. Entre enjeux sécuritaires et réalités économiques, les populations frontalières se retrouvent prises en étau, avec l’impression de payer le prix d’un débat politique bien plus large.

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