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Société

Fin de vie, un cadre législatif en débat

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Deux projets distincts, l’un sur l’aide à mourir et l’autre sur les soins palliatifs, sont examinés par le Parlement. Leurs dispositions dessinent une évolution possible de l’accompagnement des personnes en phase terminale.

Les parlementaires s’apprêtent à reprendre l’examen de deux propositions de loi distinctes concernant la fin de vie. La première, portant sur l’instauration d’une aide à mourir, fait l’objet de vifs échanges. La seconde, plus consensuelle, vise à renforcer l’accès aux soins palliatifs sur l’ensemble du territoire. Le texte sur l’aide à mourir, initialement adopté par l’Assemblée nationale, reviendra en séance plénière pour une nouvelle lecture après que le Sénat n’a pas réussi à proposer une version alternative.

Le dispositif envisagé établit un droit à une assistance médicalisée pour mettre fin à ses jours, sous des conditions très strictes. Pour en bénéficier, une personne doit être majeure, résider de manière stable en France et être atteinte d’une pathologie grave et incurable engageant le pronostic vital. Elle doit également présenter une souffrance physique ou psychique réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et être en capacité d’exprimer sa volonté de façon libre et éclairée.

La procédure est encadrée par une démarche collégiale. Le médecin sollicité doit constituer une équipe comprenant au minimum un spécialiste de la maladie et un autre soignant impliqué. C’est toutefois ce médecin référent qui prend la décision finale. Après la demande initiale, un délai de quinze jours est imparti pour notifier la réponse au patient, suivi d’une période de réflexion obligatoire d’au moins quarante-huit heures avant toute confirmation. La demande peut être réévaluée si plus de trois mois s’écoulent, et le patient conserve la possibilité de se rétracter à tout moment.

L’administration de la substance létale se fait en principe par le patient lui-même. Une assistance par un médecin ou un infirmier n’est autorisée qu’en cas d’impossibilité physique. La personne choisit le lieu, la date et la présence d’un entourage. Le texte prévoit une clause de conscience pour les professionnels de santé, qui doivent dans ce cas orienter le demandeur. Il instaure également un délit d’entrave, passible de sanctions pénales, pour garantir l’accès à cette procédure.

Parallèlement, un autre projet législatif entend structurer l’offre de soins palliatifs. Il propose la création de maisons spécialisées offrant un hébergement et un accompagnement médicalisé pour les personnes dont l’état est stabilisé mais qui ne peuvent ou ne souhaitent pas demeurer à domicile. Les parlementaires ont également acté la nécessité d’une stratégie nationale pluriannuelle pour développer ces dispositifs sur l’ensemble du territoire, même si les modalités précises de cette planification font encore débat entre les deux chambres.

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