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Faits Divers

Falsification de procès-verbal dans le Val-de-Marne : huit mois avec sursis requis contre deux fonctionnaires

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_**Le parquet de Créteil a sollicité une condamnation à l’encontre de deux policiers, jugés pour avoir altéré le compte-rendu d’une interpellation survenue en 2020 à Vitry-sur-Seine. L’audience a mis en lumière des versions divergentes et un climat de défiance persistante.**_

Lors d’une audience particulièrement tendue, le ministère public a demandé la condamnation de deux agents de police à huit mois d’emprisonnement avec sursis. Les deux hommes, toujours en fonction, sont accusés d’avoir rédigé un procès-verbal inexact lors de l’arrestation de quatre adolescents à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, au cours de l’année 2020. Cette affaire, qui avait connu un retentissement médiatique notable à l’époque, a été réexaminée devant le tribunal correctionnel.

Les débats ont principalement porté sur la version des faits consignée par l’un des prévenus, alors membre d’une brigade spécialisée. Le document stipulait que les jeunes gens avaient été identifiés sur les lieux par la victime d’un vol à la tire. Or, les investigations menées par les services internes de la police ont établi que les photographies des suspects avaient été transmises par le second prévenu, occupant alors les fonctions de chef de bord, alors que le contact avec les adolescents était déjà établi. Par ailleurs, la plaignante du vol initial a confirmé ne s’être jamais déplacée pour une quelconque reconnaissance visuelle.

Face à ces contradictions, les deux fonctionnaires ont multiplié les déclarations d’incertitude, invoquant la difficulté de se remémorer avec exactitude des événements vieux de plusieurs années. L’un d’eux a évoqué une « mauvaise compréhension » des instructions, tandis que l’autre a reconnu un « défaut de relecture » ayant conduit à une « coquille », tout en minimisant la portée des faits.

L’avocat des quatre jeunes hommes, aujourd’hui devenus majeurs, a vigoureusement contesté cette qualification. Il a soutenu que le dossier dépassait la simple erreur matérielle pour relever d’une construction délibérée. Son plaidoyer a situé l’affaire dans un contexte plus large, évoquant les relations entre les forces de l’ordre et les habitants de certains quartiers.

La défense des policiers a, à l’inverse, plaidé la relaxe, dénonçant une procédure instrumentalisée et médiatisée. Leurs conseils ont présenté leurs clients comme des « fusibles », soulignant leurs états de service par ailleurs irréprochables et évoquant des conditions de travail éprouvantes. Ils ont également pointé l’implication d’une élue dans la publicité donnée à cette affaire, survenue dans un climat national de débat sur les pratiques policières.

Les quatre anciens adolescents se sont exprimés à la barre pour décrire une appréhension durable à l’égard des forces de l’ordre. La mère de l’un d’entre eux a fait part de sa stupéfaction devant l’absence, selon elle, d’empathie de la part des prévenus. Dans ses dernières observations, l’un des deux policiers a réitéré l’absence de toute intention malveillante, tout en concédant un manque de vigilance. Le jugement a été mis en délibéré au 26 février prochain.

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