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Des milliers d’Afghans se pressent pour tenter leur chance au Qatar

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Face à une crise économique persistante, des candidats espèrent trouver un emploi dans l’émirat gazier, malgré les incertitudes sur leurs futures conditions de vie.

Dans plusieurs villes afghanes, des files d’attente interminables se forment devant les centres d’enregistrement des candidatures pour des postes au Qatar. Depuis l’annonce d’un accord entre les autorités talibanes et Doha portant sur 3 100 emplois, l’affluence ne faiblit pas. Les postes proposés vont de chauffeur de bus à technicien automobile, en passant par des métiers de l’hôtellerie ou de la maintenance.

À Kaboul, plus de 8 500 dossiers ont déjà été déposés en quelques jours, selon les chiffres officiels. Dans la province de Hérat, à l’ouest du pays, près de 2 000 hommes patientent avec leurs documents en main, espérant décrocher l’un de ces contrats. Les candidats doivent fournir un passeport, une pièce d’identité et des attestations d’expérience professionnelle. Pour beaucoup, cette opportunité représente une bouée de sauvetage dans un contexte économique désastreux.

L’Afghanistan, où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, affiche un taux de chômage supérieur à 13 %, avec un impact particulièrement fort sur les jeunes. Les autorités talibanes présentent cet accord comme une avancée, tandis que des discussions seraient en cours avec d’autres pays, dont l’Arabie saoudite et la Turquie, pour élargir les possibilités d’emploi à l’étranger.

Certains candidats, comme Mohammed Hanif, venu de la province de Badghis, expriment leur gratitude envers les pays qui leur offrent cette perspective. D’autres, comme Nour Mohammed, évoquent la détérioration des conditions de vie des Afghans en Iran et au Pakistan, poussant nombre d’entre eux à rentrer au pays. Près de deux millions de personnes ont été contraintes de revenir depuis le début de l’année, aggravant encore les difficultés économiques locales.

Si l’espoir domine parmi les postulants, les conditions de travail au Qatar restent floues. L’émirat, où les travailleurs étrangers représentent 90 % de la population active, a été critiqué par le passé pour ses pratiques en matière de droits humains. Bien que des réformes aient été mises en œuvre, notamment la suppression du système de parrainage « kafala », les interrogations persistent sur les salaires et les conditions de logement.

Malgré ces incertitudes, des hommes comme Mohammed Qassam, diplômé en éducation mais sans emploi depuis des années, n’ont guère le choix. « Ici, je devrais me contenter d’une petite échoppe », confie-t-il. Pour lui, comme pour des milliers d’autres, le Qatar représente peut-être la seule issue.

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