Nous rejoindre sur les réseaux

News

Des femmes françaises tracent un chemin vers la sécurité dans les transports

Article

le

Des usagères ont arpenté une gare francilienne aux côtés des autorités pour identifier, concrètement, les points noirs qui alimentent leur sentiment d’insécurité au quotidien.

La gare de Val-de-Fontenay, dans le Val-de-Marne, cristallise les inquiétudes de nombreuses voyageuses. Ses couloirs peu éclairés et ses recoins obscurs en font un lieu perçu comme menaçant, surtout après la tombée de la nuit. Une habitante de la commune confie ainsi orienter systématiquement ses deux filles adultes vers un autre itinéraire, préférant un trajet en bus à la traversée de cette station.

Cette appréhension a trouvé un écho lors d’une marche exploratoire organisée récemment. Une douzaine d’usagères, accompagnées par des représentants des opérateurs et de l’autorité organisatrice des transports, ont parcouru les abords, les couloirs et les quais pour recenser les améliorations nécessaires. L’objectif était précis. Il s’agissait de pointer chaque détail, qu’il s’agisse d’un éclairage défaillant ou d’un angle mort, afin de proposer des aménagements concrets.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les chiffres relatifs aux violences sexistes et sexuelles dans les transports restent préoccupants. Les enquêtes indiquent qu’une large majorité des femmes y ont déjà été confrontées au moins une fois dans leur vie, un phénomène particulièrement marqué chez les plus jeunes.

Pour Laurine, vendeuse de 27 ans, cette expérience fut l’occasion de formaliser un malaise ancien. Elle évoque un incident survenu dans son enfance dans le métro, dont le souvenir continue de peser sur ses déplacements nocturnes. Elle réclame aujourd’hui des mesures simples. Une meilleure signalisation, une présence accrue des agents en dehors des seules heures de pointe et un éclairage renforcé sur certains quais figurent parmi ses attentes prioritaires.

La marche a également permis de rappeler l’existence d’outils méconnus, comme le numéro d’urgence 3117, destiné à signaler les actes de violence dans les transports. Une campagne de communication devrait prochainement en rappeler le fonctionnement.

Les responsables présents reconnaissent l’ampleur de la tâche. Améliorer la sécurité est un travail de longue haleine, qui exige une attention constante à chaque station et dans chaque rame. Ils notent toutefois une évolution encourageante, avec une légère augmentation du taux de dépôt de plainte parmi les victimes ces dernières années.

En parallèle, la prévention reste un axe majeur. Les autorités promeuvent des méthodes d’intervention pour les témoins, visant à agir sans prendre de risques. Ces protocoles insistent sur la nécessité de distraire l’agresseur, de venir en aide à la victime ou de déléguer la recherche de secours, tout en conservant des preuves discrètes.

Alors qu’un important projet de modernisation et d’agrandissement est en cours autour de la gare, intégrant de nouvelles lignes de métro, la question de la sécurité quotidienne demeure au cœur des préoccupations des usagères. Leur participation active à ces diagnostics de terrain vise à ce que les aménagements futurs intègrent, dès leur conception, leur besoin fondamental de circuler en toute sérénité.

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus