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Culture

Dans les musées, l’incompréhension de devoir rester fermés

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Supermarchés versus culture: dans le monde des musées, qui a fait d’importants efforts pour s’adapter au contexte sanitaire, on déplore un deux poids deux mesures, face à une fermeture prolongée, au moins jusqu’à début janvier.

« C’est la stupeur! Je ne vois aucune justification objective. Le commerce semble préféré à la culture. Pour Chantilly, c’est un coup de massue dont on n’avait pas besoin », tempête Christophe Tardieu, vice-président de la fondation du domaine, situé au nord de Paris.

« Pourquoi un centre commercial peut-il ouvrir, et un musée reste fermé, où des circuits ont été aménagés, où la jauge est aisée à respecter », observe-t-il.

Il s’attend pendant les vacances de Noël à une perte de recettes de billetterie de 600.000 à 800.000 euros, pour le château, où est présenté une exposition sur les porcelaines de Meyssen, et pour les spectacles équestres dans les Ecuries.

« On n’aura droit à aucun soutien. L’Etat va se défausser en disant que Chantilly dépend de l’Institut de France », affirme-t-il.

Même regret pour Jean de Loisy, à la tête de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris: « Les raisons pour lesquelles le supermarché est ouvert et le musée fermé ne sont pas seulement de santé publique mais correspondent à ce qu’est la priorité dans la philosophie politique d’aujourd’hui ».

« Derrière la nécessité évidente de ce deuxième confinement, se révèle une conception de notre société, plus matérielle et moins intériorisée. C’est grave de penser que la culture n’est pas une nécessité première », déplore-t-il.

Et un haut responsable de musée ayant requis l’anonymat de rappeler qu’Emmanuel Macron avait parlé en 2017 de la culture comme d’un « bien essentiel »: une conception, selon lui, largement reléguée au second plan.

Alexandre de Vogüe, directeur du mécénat du château familial de Vaux-le-Vicomte, plus grand monument historique privé de France (Seine-et-Marne), a reçu « une douche froide »: « pendant le deuxième confinement, on s’était demandé, raconte-t-il, si on allait faire demi-tour, annuler notre période de Noël, mais les investissements étaient engagés… »

« Or, un tiers de nos visiteurs, soit 100.000, viennent à Noël », souligne-t-il.

« Tenir le choc »

Les milliers de musées de France croyaient voir le bout du tunnel, se préparant activement depuis des semaines à une réouverture le 15 décembre. Ils y croyaient d’autant plus que dans des espaces souvent vastes, et sans visiteurs étrangers, le risque de saturation est moindre.

Laurence des Cars, présidente du musée d’Orsay, a maintenu vendredi matin la présentation à la presse de la grande exposition « Les origines du monde », organisée avec le Musée national d’histoire naturelle.

Elle confie « avoir le coeur un peu lourd ». « Mais nous allons tenir le choc », s’empresse-t-elle d’ajouter, sans rien objecter à la décision gouvernementale.

Le musée a dû revoir in extremis sa campagne d’affichage et s’est vu confirmer la prolongation des prêts. « Nous avions pris les devants pour prolonger l’exposition de février à début mai », confie-t-elle.

La fermeture va avoir des retombées sur les recettes de billetteries qui constituent la majeure partie des ressources des musées. Mais de puissantes institutions comme Orsay, le Louvre ou Versailles, contrairement à de petits musées aux financements privés, disposent de fonds de roulement stables provenant de l’Etat. Sans cela, c’est « insurmontable », souligne Mme des Cars.

« Des institutions américaines, essentiellement privés, doivent elles licencier et vendre des oeuvres », compare-t-elle.

De leur côté, les 14 musées de la Ville de Paris « se sont sentis baladés de semaine en semaine. Ouvrir, fermer, se préparer à rouvrir, ça a un coût énorme. On ne pourra continuer comme avant », avance un fonctionnaire de la mairie, qui s’inquiète plus pour des institutions comme le Petit palais, le Musée d’Art moderne que pour les petits musées, en partie financés par les locomotives.

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Culture

Télévision : C8, c’est fini ! La chaîne perd sa fréquence sur la TNT

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TV : C8, c'est fini ! La chaîne perd sa fréquence sur la TNT
©C8

C’est un tremblement de terre dans le monde de la télévision. C8, candidate à la reconduction de sa fréquence TNT, n’a pas obtenu gain de cause. L’Arcom a en effet décidé de la lui retirer pour 2025, tout comme celle de NRJ12.

La décision de l’Arcom, annoncée mercredi 24 juillet, marque une rupture significative pour C8, qui diffuse notamment l’émission populaire de Cyril Hanouna, TPMP. Cette chaîne, qui a été la plus sanctionnée de la télévision française, ne verra pas sa fréquence TNT renouvelée en 2025. NRJ12, également candidate à la reconduction de sa fréquence, subit le même sort.

En revanche, CNews, une autre chaîne du groupe Canal+ et propriété du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a été sélectionnée pour un renouvellement de sa fréquence. Malgré les nombreux rappels à l’ordre par l’Arcom, CNews conserve sa place sur la TNT.

Les décisions de l’Arcom ont également favorisé de nouveaux projets de chaînes. Le groupe Ouest-France et le milliardaire Daniel Kretinsky ont tous deux vu leurs propositions de chaînes présélectionnées pour des fréquences TNT en 2025. L’Arcom a justifié ses choix en se basant sur « l’intérêt de chaque projet pour le public au regard de l’impératif prioritaire de pluralisme des courants d’expression socio-culturels », selon le communiqué officiel.

Cette annonce marque un tournant pour le paysage audiovisuel français, avec une réorganisation des chaînes disponibles sur la TNT. Les téléspectateurs devront s’adapter à ces changements à partir de 2025, tandis que les groupes médiatiques concernés prépareront leur transition ou leur nouvelle stratégie pour maintenir leur présence sur le petit écran.

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France Inter: Adèle Van Reeth visée par une motion de défiance de la rédaction

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France Inter: Adèle Van Reeth visée par une motion de défiance de la rédaction

La directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, est visée par une motion de défiance de la rédaction, au lendemain de l’annonce du remplacement de Yaël Goosz par Patrick Cohen comme éditorialiste politique de la matinale.

« C’est avec consternation et colère que nous avons appris par la presse que la direction de France Inter avait décidé de retirer l’éditorial politique du matin à Yaël Goosz » qui pourtant « a fourni un travail exemplaire, fiable, indépendant », explique ce texte. Yaël Goosz reste chef du service politique de France Inter mais devra laisser sa place à Patrick Cohen – qui avait présenté la matinale de 2010 à 2017 – pour l’édito politique de 07h44.

Dans cette motion, les signataires (80% des 95 journalistes de la rédaction) dénoncent une décision « d’une brutalité inouïe en termes de management ». « Ce n’est pas une motion contre Patrick Cohen », tient à préciser un journaliste signataire qui préfère rester anonyme, mais bien contre « un choix incompréhensible et des méthodes violentes » de la direction, la rédaction ayant selon lui appris la nouvelle « dans la presse » mercredi.

Selon France Inter mercredi, Yaël Goosz doit se voir proposer un autre créneau pour intervenir sur la grille, qui reste à déterminer. Les signataires de la lettre dénoncent « bien d’autres décisions incompréhensibles prises par la directrice de France Inter ces derniers mois » et l’impossibilité à « continuer à lui faire confiance pour diriger cette radio ».

Le licenciement de Guillaume Meurice pour « faute grave », après qu’il a répété à l’antenne ses propos polémiques sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et « l’affaiblissement » puis l’arrêt de son émission à succès « Le grand dimanche soir », font partie de ces désaccords entre rédaction et direction, précise le journaliste sous couvert d’anonymat. Il déplore une « difficulté récurrente (de la direction) à dialoguer, entendre, écouter une rédaction qui fonctionne et qui donne des résultats ».

Jeudi, la direction n’a pas souhaité faire de commentaire. En dépit des turbulences, France Inter a largement conservé son statut de première radio du pays avec 6,85 millions d’auditeurs chaque jour d’avril à juin, selon les chiffres de Médiamétrie publiés mercredi.

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MeToo cinéma: le parquet requiert la mise en examen de Benoît Jacquot pour viols

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MeToo cinéma: le parquet requiert la mise en examen de Benoît Jacquot pour viols

Le mouvement #MeToo continue de secouer le cinéma français. Le parquet de Paris a requis la mise en examen de Benoît Jacquot pour viols et examine les accusations contre Jacques Doillon, marquant une nouvelle étape dans la lutte contre les violences sexuelles.

L’étau judiciaire se resserre dans une enquête-phare du #MeToo français visant deux cinéastes : le parquet de Paris a requis la mise en examen pour viols de Benoît Jacquot et réfléchit aux « suites à donner » aux accusations visant Jacques Doillon.

Les deux hommes, qui réfutent les accusations les visant, étaient en garde à vue depuis lundi à la brigade de protection des mineurs. Après y avoir passé une nouvelle nuit, Benoît Jacquot, 77 ans, est présenté mercredi à un juge d’instruction, qui doit trancher sur sa mise en examen ou non.

Le parquet a indiqué avoir demandé cette mise en examen pour « viol, agression sexuelle et violences, susceptibles d’avoir été commis entre 2013 et 2018 » au préjudice de l’actrice Julia Roy et pour « viol sur mineur par personne ayant autorité, viol par concubin, susceptibles d’avoir été commis entre 1998 et 2000, et en 2007 » au préjudice de l’actrice Isild Le Besco. Le ministère public a aussi requis son placement sous contrôle judiciaire.

L’avocate de Benoît Jacquot, Me Julia Minkowski, n’a pas souhaité commenter à ce stade. Lundi, elle avait déploré des « atteintes incessantes » à la présomption d’innocence de son client.

L’actrice Julia Roy, quarante-deux ans de moins que Benoît Jacquot et qui a joué dans quatre de ses films de 2016 à 2021, a évoqué « un contexte de violences et de contrainte morale qui a duré plusieurs années », dans sa plainte le visant et dénonçant des viols et des agressions sexuelles, selon une source proche du dossier.

La comédienne Isild Le Besco, aujourd’hui âgée de 41 ans, a tourné six films avec Benoît Jacquot qu’elle a rencontré quand elle avait 16 ans et l’accuse de violences sexuelles, psychologiques et physiques. « Je crois que Benoît n’est pas un homme qui souhaite faire du mal sciemment. Je ne le vois pas étrangler une femme par plaisir en pleine conscience, comme d’autres hommes le font. Benoît, c’est autre chose: il a cette volonté de pouvoir absolu, de contrôle », a-t-elle estimé dans un entretien mercredi au magazine Elle.

L’autre mis en cause, Jacques Doillon, a lui vu sa garde à vue levée mardi soir « pour des raisons médicales », a expliqué le parquet de Paris. Le réalisateur et producteur, 80 ans, a été relâché sans poursuites à ce stade, le ministère public devant encore définir « les modalités des suites à donner » le concernant. Son avocate, Me Marie Dosé, n’a pas souhaité réagir.

« Dans les deux procédures, les plaignantes qui ont dénoncé des faits qui ne figurent pas dans la prévention retenue seront contactées personnellement », a souligné le parquet.

L’enquête préliminaire a été déclenchée après la plainte déposée par une autre actrice, Judith Godrèche, contre les deux cinéastes, qui contestent les accusations. Âgée de 52 ans, l’actrice a accusé publiquement début février Benoît Jacquot de viols puis Jacques Doillon d’agression sexuelle, déclenchant une nouvelle tempête dans le cinéma français, jusqu’à ébranler la cérémonie des César ou le Festival de Cannes.

« Nous prenons acte du défèrement de Benoît Jacquot devant un juge d’instruction pour des faits de même nature que ceux commis à l’encontre de Judith Godrèche dont les faits sont, pour ce qui la concerne, prescrits », a réagi le conseil de l’actrice, Me Laure Heinich.

« Ces plaintes sont non prescrites. La période que j’ai dénoncée est prescrite. Mais je me sens entendue à travers cette décision », a abondé Judith Godrèche dans une publication sur Instagram. « Rien ne s’efface. Rien n’est réparé. Que la loi s’empare de celui qui faisait sa loi sur nous », a-t-elle insisté. « J’apprends également que le parquet n’a pas encore pris de décision concernant Jacques Doillon. Toutes ses victimes et moi-même retenons notre souffle. Notre espoir persiste. »

Une commission d’enquête sur les violences sexuelles dans le cinéma, l’audiovisuel, le spectacle vivant, la mode et la publicité a débuté ses travaux en mai, stoppés net après la dissolution le 9 juin de l’Assemblée nationale.

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