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Claude Brasseur, un enfant de la balle devenu acteur populaire

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Issu d’une longue lignée de comédiens, Claude Brasseur était un acteur populaire et polyvalent, aussi à l’aise dans le film policier que dans la comédie, appréciant autant le cinéma et la télé que le théâtre.

En 1977, il a reçu le César du meilleur acteur dans un second rôle pour la comédie « Un éléphant ça trompe énormément ». Trois ans plus tard, il obtint le César du meilleur acteur pour « La guerre des polices ».

Son physique râblé de baroudeur, au regard sombre et vif, lui a valu de nombreux rôles de dur à cuire, mais avec toujours un fond de tendresse. Il restera aussi associé au rôle du père de  Sophie Marceau (Vic) dans « La boum » et au vacancier attaché à son emplacement dans « Camping ».

Ce grand amateur de sport automobile devait une partie de sa célébrité à la télévision où il a incarné, en 1965, Rouletabille dans « Le mystère de la chambre jaune » et, en 1971, Vidocq, le bagnard devenu policier, dans le feuilleton « Les nouvelles aventures de Vidocq ».

« Pour moi, jouer n’est pas du travail. Quand je joue, j’ai l’impression de retourner dans la cour de récréation où, avec mes copains, on s’amusait aux gendarmes et aux voleurs, aux cowboys et aux indiens. Par la suite, j’ai été empereur, chef de la police, dentiste… Je prie pour ne jamais me rendre au théâtre ou sur un plateau avec des semelles de plomb », disait, de sa voix éraillée, l’acteur aux presque 110 films.

Trois ans en Algérie

Claude Espinasse naît à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le 15 juin 1936. Il est le fils unique de Pierre Brasseur et Odette Joyeux, illustres comédiens qui se séparent peu après sa naissance. Porté par une dynastie d’artistes remontant à 1820, il prendra, comme son père, le nom de sa grand-mère.

Le soir, avant de se coucher, Claude, filleul de l’écrivain américain Ernest Hemingway, voit Maria Casarès, Jean Vilar, Louis Jouvet ou Jean-Paul Sartre débarquer à la maison. Pourtant, tout ne fut pas rose dans son enfance, comme il le raconte dans son autobiographie, intitulée « Merci ! » (2014): « je n’ai jamais connu l’amour de mes parents. Ils ne sont jamais occupés de moi ».

Après une scolarité chaotique, il est assistant-photographe pour l’hebdomadaire Paris-Match avant de monter sur les planches pour la première fois en 1955, dans « Judas » de Marcel Pagnol. Un an plus tard, il joue pour la première fois pour le cinéma: « Le Pays d’où je viens », de Marcel Carné.

Il sert ensuite trois ans comme parachutiste dans une Algérie en guerre. Il regrettera ne pas avoir eu la culture politique suffisante pour être objecteur de conscience.

A son retour, il tourne avec son père dans « Les Yeux sans visage » de Georges Franju, puis campe, pour la télé, un saisissant Sganarelle dans « Dom Juan » de Marcel Bluwal.

Il travaille avec Jean-Luc Godard (« Bande à part », 1964), Costa-Gavras (« Un homme de trop », 1967) ou François Truffaut (« Une belle fille comme moi », 1972). Apparaissant au générique des thrillers « Les Seins de glace » (1974) et « L’agression » (1975), il connaît la consécration avec « Un éléphant… » (1976) et « Nous irons tous au paradis » (1977) d’Yves Robert.

Sport et aventure

Dans les années 80, Claude Brasseur va alterner avec aisance les genres cinématographiques. On le voit dans « Guy de Maupassant » ou « Les rois du gag » mais aussi dans « Légitime violence », « La Crime » ou « Descente aux enfers ».

L’acteur, qui a été dirigé par la crème des réalisateurs français, se fait ensuite plus discret. Il est toutefois nominé au César du Meilleur acteur pour sa prestation de Fouché dans « Le Souper » (1992) d’Edouard Molinaro, tandis qu’au théâtre, il triomphe en 1993 dans « Le dîner de cons » de Francis Veber.

Au cinéma, il joue avec talent un pied-noir resté en Algérie après l’indépendance dans « L’Autre côté de la mer », de Dominique Cabrera en 1997, puis privilégie des seconds rôles sympathiques dans des comédies populaires. A la télé, il s’illustre dans la série « Franck Keller », en 2003.

En 2007, il préside la cérémonie des Césars. En 2015, il jouait encore au théâtre dans « La colère du tigre ».

Bon vivant, habitué de la boîte de nuit parisienne « Castel », Claude Brasseur avait le goût de l’aventure et du sport. Il aurait dû participer aux Jeux Olympiques d’hiver de 1964 en bobsleigh s’il ne s’était pas blessé juste avant. Fou d’automobile, il a participé à plusieurs Paris-Dakar, qu’il a gagné en 1983 comme copilote de Jacky Ickx.

Il était marié depuis 1970 à Michèle Cambon, avec qui il avait eu un fils, Alexandre Brasseur. Acteur à son tour, évidemment.

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Culture

Décès : La chanteuse Françoise Hardy est morte à l’âge de 80 ans

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Décès : La chanteuse Françoise Hardy est morte à l'âge de 80 ans

La chanteuse française Françoise Hardy est morte à l’âge de 80 ans, a annoncé son fils Thomas Dutronc mardi soir sur Facebook. L’icône des sixties à l’aura internationale était atteinte du cancer depuis 2004.

Avec le départ de Françoise Hardy, décédée à l’âge de 80 ans, c’est une artiste discrète, icône des sixties et figure de la chanson française à l’aura internationale, qui disparaît.

Son fils Thomas Dutronc a annoncé son décès mardi 11 juin au soir sur ses réseaux sociaux. « Maman est partie », a-t-il mis en ligne, avec une photo de lui enfant, auprès de sa mère. Dans le classement 2023 des 200 meilleurs chanteurs de tous les temps du magazine américain Rolling Stone, Françoise Hardy était l’unique représentante de la France.

Le cancer était apparu dans sa vie dès 2004, prenant plusieurs formes et lui faisant vivre un cauchemar. L’artiste avouait ainsi en 2023 qu’elle voulait « partir bientôt et de façon rapide, sans de trop grosses épreuves, comme l’impossibilité de respirer ». Elle s’affichait pro-euthanasie, déclarant : « Laisser quelqu’un d’incurable avoir des souffrances insupportables jusqu’à ce que mort s’ensuive est inhumain. »

Quels souvenirs resteront ? Son tube « Tous les garçons et les filles », sa voix délicate, le couple people intriguant qu’elle forma avec Jacques Dutronc… Mais pas seulement. C’était aussi l’ambassadrice d’une élégance française et pop à l’international, un « idéal féminin » pour Mick Jagger, figure fantasmée pour Bob Dylan ou David Bowie.

Tout commence donc en 1962 avec ce hit instantané – plus de deux millions d’exemplaires vendus – « Tous les garçons et les filles », qu’elle a écrit et composé, fait rare à l’époque. Elle a 18 ans, c’est son premier disque. Françoise Hardy, toute en contradictions, est là : elle perce en pleine vague yéyé, mais ne correspond pas vraiment à cette étiquette. Dans cette période insouciante, sa mélancolie tranche : « Oui mais moi, je vais seule par les rues, l’âme en peine / Oui mais moi, je vais seule, car personne ne m’aime. »

Son physique androgyne et sa retenue sont également loin des formes et de l’exubérance d’une Brigitte Bardot. Mais elle préfigure les mannequins longilignes qui envahiront bientôt les podiums. Et elle fait rapidement la Une des magazines, photographiée en France par son petit ami de l’époque, Jean-Marie Périer, à l’international par le célèbre William Klein. Elle a les cheveux longs, une frange – qu’elle gardera plus tard avec sa coupe à la garçonne – et porte à merveille les robes à lamelles, futuristes, signées Paco Rabanne.

Sa grande histoire d’amour s’appelle donc Dutronc, qui vient lui aussi de secouer les charts avec « Et moi, et moi, et moi » (1966). Ils auront un enfant, Thomas, lui-même devenu chanteur. Mais leur relation est source de désillusions entre les infidélités de l’auteur des « Playboys » – liaison avec Romy Schneider – et la distance qu’il impose à celle qui devient sa femme. Dans leur immeuble parisien, avant la séparation (sans divorce) ils vivent ainsi dans deux étages distincts…

Cette vie conjugale douce-amère imprègnera toute son œuvre, de « Message personnel », immense succès de 1973, composé avec Michel Berger, à « Personne d’autre », titre du dernier album éponyme en 2018. Parmi les autres pépites, on peut, entre autres, citer « Mon amie la rose » (1964) ou « Comment te dire adieu » écrit par Serge Gainsbourg (1968). Ce morceau est une adaptation de « It hurts to say goodbye » de l’Américaine Margaret Whiting. Mais c’est la version Hardy que reprendra sur une rythmique dance Jimmy Somerville, l’ancien leader de Bronski Beat, vingt ans plus tard.

L’album « La question », ovni réalisé avec la Brésilienne Tuca, est l’un des disques de chevet d’Étienne Daho, admirateur devenu ami de la chanteuse aux cheveux couleur neige, l’âge venu. « Le temps de l’amour » résonne dans le film « Moonrise Kingdom » de Wes Anderson et Morrissey, ex-leader de The Smiths ne passe pas une interview sans la citer. Pas mal pour une jeune Parisienne élevée avec sa sœur par une mère seule, qui n’a eu sa première guitare qu’à 16 ans et a poussé pour la première fois la porte d’une maison de disques après une petite annonce lue dans la presse.

« Toute ma vie, j’ai été à l’affût des belles mélodies. En écouter me met au septième ciel », confiait-elle en 2018. Les plus beaux thèmes mélodiques sont toujours mélancoliques ou romantiques. Elle disait aussi que chanter ne lui était pas naturel et a rapidement abandonné la scène.

Cette férue d’astrologie parlait sans détour de son cancer et de l’idée de la fin. « La mort n’est que celle du corps, lequel est d’essence matérielle. En mourant, le corps libère l’âme qui est d’essence spirituelle. Mais il n’en reste pas moins que la mort du corps est une épreuve considérable et je l’appréhende autant que tout le monde », exposait-elle.

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Décès de Frédéric Mitterrand, figure inclassable de la culture et de la télévision française

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Décès de Frédéric Mitterrand, figure inclassable de la culture et de la télévision française

L’ex-ministre de la Culture et homme de télévision décède à 76 ans après une lutte contre le cancer.

Jeudi dernier, la France a perdu une de ses figures marquantes de la culture et de la télévision avec le décès de Frédéric Mitterrand à l’âge de 76 ans. Ancien ministre de la Culture et neveu de l’ancien président François Mitterrand, il s’est éteint chez lui à Paris après un combat acharné contre un cancer agressif, a annoncé sa famille à l’AFP.

Frédéric Mitterrand, connu pour sa passion pour le cinéma et les arts, a laissé un héritage indélébile dans le paysage culturel français. Son parcours atypique l’a amené à être à la fois un homme de télévision adulé et un homme politique engagé.

Nicolas Sarkozy, ancien président et collègue de Frédéric Mitterrand au sein du gouvernement, a exprimé son immense tristesse et rendu hommage à un homme « profondément cultivé et délicat, un être à part, sensible et attachant ». Il a salué le travail de l’ancien ministre, rappelant son enthousiasme et son talent dans l’exercice de ses fonctions.

Jack Lang, ancien ministre socialiste de la Culture, a également exprimé sa peine et souligné l’amitié de longue date qui le liait à Frédéric Mitterrand. Il a rappelé la passion et l’amour de ce dernier pour les arts et la culture, ainsi que leur fidélité commune envers François Mitterrand.

Frédéric Mitterrand a marqué le paysage télévisuel français avec des émissions telles que « Etoiles et toiles », où il partageait sa passion pour le cinéma avec le public. Son engagement dans le service public, après son départ de TF1, a également été salué. En tant qu’écrivain, il n’a pas hésité à aborder des sujets controversés, mais sa contribution à la promotion des arts et de la culture reste indéniable.

Né le 21 août 1947 à Paris, Frédéric Mitterrand a mené une carrière riche et diversifiée, passant de la télévision à la politique sans jamais perdre sa passion pour les arts. Sa nomination à la tête de la Villa Médicis à Rome, suivie de son mandat de ministre de la Culture, a été marquée par des réalisations significatives, dont le Mucem à Marseille et la Philharmonie à Paris.

Avec la disparition de Frédéric Mitterrand, la France perd non seulement un homme politique et une personnalité télévisuelle, mais aussi un fervent défenseur de la culture et des arts, dont l’héritage continuera d’inspirer les générations futures.

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Décès : Robert Badinter, artisan de l’abolition de la peine de mort, est mort à l’âge de 95 ans

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Décès : Robert Badinter, artisan de l'abolition de la peine de mort, est mort à l'âge de 95 ans

Robert Badinter, figure emblématique de la politique et de la société française, s’est éteint ce vendredi 9 février à l’âge de 95 ans.

La France pleure le décès de Robert Badinter, un géant du droit et de la politique française. À l’âge de 95 ans, Badinter s’est éteint, laissant derrière lui un héritage indélébile dans la lutte pour les droits de l’homme et la justice.

Né à Paris le 30 mars 1928, Robert Badinter a consacré sa vie à la défense des valeurs démocratiques et des libertés fondamentales. Avocat de renom, il a plaidé dans des affaires emblématiques, défendant ardemment les droits des plus vulnérables et combattant l’injustice sous toutes ses formes.

C’est sans doute son rôle dans l’abolition de la peine de mort en France qui reste le plus marquant. En tant que Garde des Sceaux sous la présidence de François Mitterrand, Robert Badinter a mené une campagne courageuse pour mettre fin à cette pratique barbare. En 1981, ses efforts ont abouti à l’abolition de la peine de mort en France, un moment historique qui a marqué le progrès de la société vers une justice plus humaine et éclairée.

Mais son engagement pour la justice ne s’est pas arrêté là. Robert Badinter a également occupé le poste prestigieux de président du Conseil constitutionnel français de 1986 à 1995, où il a continué à défendre les principes de l’État de droit et de la démocratie.

Au-delà de ses fonctions officielles, Robert Badinter a été une voix influente dans le débat public, plaidant sans relâche en faveur des droits de l’homme, de la liberté d’expression et de la justice sociale. Son érudition, son intégrité et sa détermination ont fait de lui une figure respectée non seulement en France, mais dans le monde entier.

Avec la disparition de Robert Badinter, le monde perd un visionnaire, un humaniste et un défenseur infatigable de la dignité humaine. Son héritage continuera d’inspirer les générations futures à lutter pour un monde plus juste et plus équitable.

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