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Société

Catherine Trautmann, l’ancienne « reine » de Strasbourg, vise un retour à la mairie

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L’ancienne ministre socialiste, favorite des sondages, brigue un troisième mandat à la tête de la capitale alsacienne, promettant de redresser une ville qu’elle estime malmenée par la majorité écologiste sortante.

Par un froid samedi d’hiver, sa silhouette est familière sur le marché d’un quartier résidentiel du sud de Strasbourg. Catherine Trautmann, 75 ans, multiplie les poignées de main et les sourires, recueillant ce qu’elle décrit comme une marée d’affection inédite en campagne. La candidate socialiste, qui dirigea déjà la ville de 1989 à 2001, se soumet une nouvelle fois au verdict des urnes, portée par les sondages mais consciente des incertitudes qui entourent ce scrutin.

Elle justifie cette nouvelle candidature par un sens aigu de la responsabilité et une sollicitation des habitants. Son diagnostic est sans appel. Elle estime que Strasbourg traverse une période difficile, pointant du doigt le bilan de l’équipe municipale écologiste sortante, qu’elle accuse d’avoir alourdi la fiscalité locale. Parmi les mesures controversées, elle cite l’instauration du stationnement payant dans certains secteurs et le développement du réseau cyclable au détriment, selon elle, de la fluidité automobile.

Les derniers sondages la placent effectivement en tête des intentions de vote, devançant la maire sortante Jeanne Barseghian et la liste des Républicains. Cet engouement s’explique en grande partie par son histoire personnelle, profondément liée à celle de la ville. Élue au conseil municipal dès 1983, elle conquiert la mairie six ans plus tard, devenant la première femme à diriger une ville de plus de cent mille habitants en France. Son premier mandat est marqué par la réintroduction du tramway, une transformation majeure pour l’urbanisme strasbourgeois.

Réélue triomphalement au premier tour en 1995, elle connaît une décennie faste qui la conduit même au gouvernement, comme ministre de la Culture. Des succès qui lui valent alors le surnom de « reine Catherine ». La suite est moins glorieuse. Après la perte de la mairie au profit de la droite, elle est tenue à l’écart des affaires locales, siégeant au Parlement européen. Il faut attendre 2020 pour la voir conduire à nouveau la liste socialiste, pour une troisième place au second tour. Six années dans l’opposition qui, assure-t-elle, lui ont permis de se préparer.

L’issue du scrutin reste cependant ouverte, les alliances possibles au second tour étant encore floues. La candidate mise sur un positionnement qui transcende les clivages traditionnels. Elle se présente comme une figure d’expérience, ancrée à gauche mais capable de séduire un électorat plus centriste, notamment sur les questions de sécurité, où ses propositions résonnent avec certains thèmes de la droite. Elle a d’ores et déjà exclu tout rapprochement avec les écologistes, qu’elle a combattus durant six ans, ou avec La France insoumise.

Interrogée sur ses potentielles alliances après le premier tour, elle reste volontairement évasive, préférant mettre en avant son lien direct avec les Strasbourgeois. Elle affirme incarner une offre politique au-delà des partis, fondée sur son expérience et sa méthode de travail. Son objectif affiché est de restaurer ce qu’elle considère comme l’équilibre et la prospérité de Strasbourg, en s’appuyant sur un leadership éprouvé mais dont la capacité à rassembler au-delà de son camp initial reste à démontrer.

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