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Boualem Sansal, une plume libre entre deux rives
L’écrivain franco-algérien, récemment gracié après une année de détention, incarne par son parcours et ses engagements les relations complexes unissant Paris et Alger.
La libération de Boualem Sansal, survenue ce mercredi, met un terme à douze mois d’incarcération dans son pays natal. Cet intellectuel de quatre-vingt-un ans, admirateur d’Albert Camus et de George Orwell, avait été interpellé le 16 novembre 2024 à son arrivée à Alger en provenance de Paris. Son arrestation avait immédiatement suscité une vague de soutien en France, où de nombreuses voix s’étaient élevées pour réclamer sa libération.
Condamné à cinq années de prison pour « atteinte à l’unité nationale », l’auteur avait tenu des propos relatifs à la délimitation territoriale de l’Algérie lors d’un entretien accordé à un média français. Il y évoquait le statut historique de certaines régions de l’ouest algérien, un sujet sensible dans les relations entre Alger et Rabat. Sa fille, Sabeha Sansal, déclarait récemment que son père représentait un symbole, et que les symboles, bien qu’on tente de les réduire au silence, finissent toujours par ressurgir.
Cette affaire judiciaire n’a fait qu’accentuer les tensions déjà existantes entre la France et l’Algérie, tout en confirmant la mise à l’écart progressive de l’écrivain dans son propre pays. Dès son premier roman, « Le Serment des barbares », publié en 1999, Boualem Sansal dépeignait sans concession la montée de l’intégrisme et les dérives d’une société algérienne en proie à la violence et à la corruption. Ses prises de position ultérieures, notamment contre l’arabisation de l’enseignement ou son parallèle entre islamisme et nazisme dans « Le Village de l’Allemand », lui ont valu censure et incompréhension dans les milieux intellectuels algériens.
En France, en revanche, son œuvre a été saluée à plusieurs reprises. Il a reçu le Prix du roman arabe en 2012 pour « Rue Darwin », le Grand Prix de l’Académie française en 2015 pour « 2084 » – une dystopie inspirée de l’univers orwellien –, et tout récemment le prix Renaudot poche pour « Vivre ». Ancien haut fonctionnaire au ministère de l’Industrie, formé à l’École polytechnique d’Alger, Boualem Sansal a longtemps œuvré au sein des institutions de son pays avant de s’en éloigner progressivement.
Plusieurs figures littéraires, dont Kamel Daoud, lauréat du Goncourt 2024, ont défendu sa cause, soulignant que l’écrivain incarnait un pont vivant entre la France et l’Algérie. Pour ses détracteurs en Algérie, il représente en revanche une voix alignée sur les thèses de l’extrême droite française et favorable aux positions marocaines. Quoi qu’il en soit, la libération de Boualem Sansal ouvre un nouveau chapitre dans le parcours de cet intellectuel inclassable, dont la plume continue d’interroger les fractures mémorielles et politiques des deux côtés de la Méditerranée.
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