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Big Ben s’arrête pour sa maintenance annuelle

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Chaque année, le changement d’heure d’hiver offre l’unique occasion d’interrompre brièvement le célèbre mécanisme londonien pour des opérations d’entretien essentiel.

Au cœur de la tour Elizabeth du Palais de Westminster, une procédure exceptionnelle se prépare. Ian Westworth, horloger chevronné au service des pendules parlementaires depuis plus de deux décennies, s’apprête à suspendre le mouvement de la célèbre horloge dans le cadre du passage à l’heure d’hiver. Cette interruption programmée entre samedi soir et dimanche matin constitue l’une des deux seules périodes annuelles où le tic-tac emblématique peut être momentanément interrompu.

Le processus, parfaitement rodé, mobilise quatre spécialistes qui profitent de cet arrêt technique pour réaliser une maintenance approfondie. Le mécanisme vieux de 164 ans, pesant cinq tonnes et conçu pour être le plus précis du monde à son inauguration, requiert une attention particulière. Sa longévité exceptionnelle n’a été marquée que par deux défaillances majeures en près de deux siècles de service continu, dont la dernière en 1976 avait nécessité neuf mois de réparations.

L’équipe procède d’abord à l’arrêt complet du mouvement avant d’éteindre l’éclairage du cadran, signalant ainsi aux Londoniens que l’heure affichée n’est plus fiable. Les interventions s’effectuent dans la salle des mécanismes, où les pièces défectueuses sont remplacées par des éléments fabriqués sur mesure dans l’atelier dédié du Palais de Westminster. Une fois les vérifications terminées, les aiguilles sont repositionnées sur minuit et le mécanisme remis en marche, même si l’illumination du cadran ne sera rétablie qu’aux premières heures du dimanche.

Ce monument horloger bénéficie d’un suivi rigoureux avec trois inspections hebdomadaires, contrairement aux centaines d’autres pendules du complexe parlementaire. L’accessibilité du site s’est considérablement améliorée depuis l’installation récente d’un ascenseur de service, épargnant aux techniciens l’ascension des 334 marches autrefois incontournables. Seules les visites guidées maintiennent aujourd’hui cette tradition sportive, affichant complet jusqu’à mi-janvier.

Optimiste quant à l’avenir de ce patrimoine national, Ian Westworth assure que cette horloge historique pourrait fonctionner encore 160 ans avec une équipe compétente pour en assurer la préservation. La transmission des savoir-faire reste au cœur des préoccupations de ce spécialiste qui forme régulièrement la relève, garantissant la pérennité d’un symbole britannique dont la régularité n’est troublée que par ces brèves interruptions nécessaires à sa conservation.

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