Économie
Berlin se range derrière Bruxelles face à l’acier chinois subventionné

Le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé son soutien aux mesures européennes visant à protéger la filière sidérurgique contre les importations à bas coût. Une position défendue lors d’un sommet consacré aux difficultés du secteur.
Le gouvernement allemand apporte son plein appui aux propositions de la Commission européenne destinées à limiter les entrées d’acier subventionné, en particulier en provenance de Chine. Le chancelier Friedrich Merz a indiqué, à l’issue d’une réunion de concertation à Berlin, que les pistes avancées par l’exécutif européen allaient dans le bon sens. Il s’est engagé à œuvrer en faveur d’une réduction des quotas d’importation et d’un relèvement des droits de douane sur les volumes excédentaires.
La situation actuelle expose l’industrie sidérurgique européenne à une double pression. D’un côté, les tarifs douaniers américains pèsent sur les exportations. De l’autre, des flux massifs d’acier asiatique, soutenus par des aides publiques, viennent fragiliser les acteurs locaux. Face à ce constat, M. Merz a souligné la nécessité d’une protection efficace des marchés et des producteurs.
Les propositions de Bruxelles, présentées début octobre, prévoient une diminution de près de moitié des volumes d’acier étranger admis en franchise dans l’Union, ainsi qu’un doublement des taxes sur les tonnages dépassant ce plafond. Le ministre des Finances Lars Klingbeil a évoqué la possibilité d’une accélération du processus, en lien avec la France. Une approche saluée par les représentants syndicaux, à l’image de Jürgen Kerner, vice-président d’IG Metall.
Parallèlement, le chancelier a rappelé son intention de recourir au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pour taxer les importations en provenance de pays ne respectant pas les engagements climatiques internationaux. Les discussions ont également porté sur la mise en place d’un tarif électrique préférentiel pour l’industrie, qui pourrait entrer en vigueur en 2026. Cette mesure vise à accompagner la transition vers une production d’acier neutre en carbone, alors que le groupe Thyssenkrupp négocie la cession de sa division sidérurgique.
L’ensemble des participants – entreprises, syndicats et responsables politiques – ont convenu de l’urgence de préserver cette filière stratégique. Le soutien affiché par Deutsche Bahn, qui privilégiera l’acier européen pour moderniser son réseau, a été cité comme un exemple encourageant.

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