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Berlin renforce son bouclier face aux menaces sur ses infrastructures vitales

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Face à une série d’actes de sabotage et dans un contexte géopolitique tendu, le Parlement allemand s’apprête à adopter une législation destinée à sécuriser les services essentiels du pays. Ce texte, jugé nécessaire par le gouvernement, suscite également des critiques sur son ampleur et son calendrier.

Le Bundestag examine ce jeudi un projet de loi visant à imposer des normes de protection accrues aux opérateurs d’infrastructures critiques. Cette initiative ministérielle intervient après plusieurs incidents ayant exposé la vulnérabilité de réseaux essentiels, dont une coupure de courant majeure à Berlin au début du mois de janvier. Cet événement avait privé d’électricité et de communications des dizaines de milliers de personnes, tout en perturbant durablement les transports.

Le texte législatif entend transposer des directives européennes et s’appliquerait à près de mille sept cents prestataires de services jugés indispensables. Les entreprises concernées, actives dans des secteurs comme l’énergie, l’eau, la santé ou la grande distribution, seraient tenues d’identifier leurs points faibles et de renforcer leurs dispositifs de défense. Elles devraient également mettre en place des sources d’alimentation de secours et signaler tout incident aux autorités compétentes.

Le gouvernement fédéral justifie cette approche par la nécessité de se prémunir contre des attaques délibérées, mais aussi contre des accidents ou des catastrophes naturelles. La première économie européenne, devenue un soutien militaire de premier plan à Kiev, considère la résilience de ses installations comme une priorité stratégique. Le ministre de la Défense a récemment pointé la multiplication des actions hybrides sur le continent, évoquant des cyberattaques, des sabotages de câbles sous-marins ou des survols par des drones.

Toutefois, le projet ne fait pas l’unanimité. Certains élus, notamment dans l’opposition, estiment que les mesures proposées arrivent trop tard et restent insuffisantes. Ils critiquent le seuil retenu pour définir une infrastructure critique, fixé à un demi-million de personnes potentiellement affectées, le qualifiant d’arbitraire. Des représentants du monde économique expriment quant à eux des réserves sur la charge administrative supplémentaire que cela représenterait, sans garantie d’une sécurité renforcée.

Des experts rappellent par ailleurs la complexité intrinsèque de la sécurisation de systèmes interconnectés et étendus. Une protection absolue contre toutes les formes de menace apparaît comme un objectif irréaliste. L’accent devrait plutôt porter, selon certains analystes, sur la création de redondances et de systèmes de repli permettant d’assurer la continuité des services. Dans le débat sur la sécurité nationale, la modernisation des infrastructures civiles est ainsi présentée par certains comme un enjeu au moins aussi crucial que les investissements dans les équipements militaires traditionnels.

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