Monde
Berlin face au crépuscule de ses nuits légendaires
La capitale allemande, longtemps sanctuaire de la vie nocturne, voit son paysage festif se métamorphoser sous les coups de boutoir de la crise économique. Entre fermetures emblématiques et réinventions audacieuses, une page se tourne.
Un dimanche soir d’automne, les murs du Renate vibrent encore au rythme des célébrations de son dix-huitième anniversaire. Ce lieu installé dans un immeuble d’habitation riverain de la Spree s’apprête pourtant à baisser définitivement le rideau fin décembre, à l’échéance de son bail. Comme lui, plusieurs établissements mythiques ont récemment disparu de la carte des nuits berlinoises. Griessmühle, Mensch Meier ou encore Watergate ont progressivement cédé sous l’effet combiné de la flambée des loyers, de l’augmentation des charges et d’une fréquentation en recul.
Pour les habitués, le constat est sans appel. « La plupart des clubs que je fréquentais dans ma jeunesse ferment les uns après les autres », déplore une Berlinoise de trente-trois ans. Un ingénieur quadragénaire abonde les témoignages sur le renchérissement de la sortie. « Beaucoup de mes amis trouvent désormais les prix prohibitifs », confirme-t-il. L’envolée des consommations et des tarifs d’entrée, déconnectée selon certains observateurs de la simple inflation, a contribué à installer un cercle vicieux.
Fin 2024, la Clubcommission, organisation représentative des discothèques locales, alertait sur l’état de santé du secteur. Près de la moitié de ses membres envisageaient une cessation d’activité dans l’année, tandis que 61 % signalaient une diminution sensible de leur chiffre d’affaires. Le SchwuZ, doyen des clubs queer en Allemagne, illustre cette fragilité généralisée. Sa directrice générale évoque un déficit mensuel avoisinant les 50 000 euros et une nette modération des dépenses sur place. « La clientèle se limite souvent à une seule consommation », observe-t-elle.
Face à l’adversité, les stratégies de résistance se déploient. Le SchwuZ a ainsi déclaré faillite tout en lançant un appel au soutien, invitant la communauté LGBT+ à se mobiliser. Une campagne de dons a permis de recueillir 50 000 euros, tandis que la diversification des activités s’impose comme une nécessité. Location de l’espace, organisation de soirées thématiques ou événements privés participent à la recherche de nouveaux équilibres.
Dans ce contexte difficile, la Clubcommission tente de redynamiser le milieu à travers des initiatives comme le festival récemment clos. Ateliers, performances et aides financières visent à soutenir les projets innovants. Certaines nouvelles adresses, à l’instar du Maaya, misent sur une programmation culturelle élargie et affichent un bilan encourageant. « L’établissement fonctionne à plein régime », se félicite l’un de ses fondateurs.
La mutation en cours semble également favoriser l’émergence de formats plus intimistes, centrés sur des communautés spécifiques. Collectifs queer, soirées sans alcool ou publiques raffinés gagnent en visibilité. « La scène berlinoise n’est pas uniquement en déclin. De nouveaux concepts voient le jour, même s’ils restent minoritaires », tempère la directrice générale de la Clubcommission. Pour les spécialistes, la clé de la pérennité réside dans la singularité. Le Berghain, dont la programmation exigeante et la sélection rigoureuse à l’entrée ont construit la légende, incarne ce modèle fondé sur l’exclusivité. À l’inverse, les établissements largement dépendants du tourisme international paient un plus lourd tribut aux conjonctures défavorables.
Une génération de fêtés semble par ailleurs accueillir avec philosophie cette évolution. « Berlin ne cesse de se réinventer », estime une jeune femme de trente-deux ans, qui se réjouit de la fin de « l’hégémonie des grands temples de la nuit ». Entre deuil et renaissance, les nuits de la capitale allemande écrivent peut-être, dans la douleur, un nouveau chapitre de leur histoire.
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