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Benidorm, l’audacieuse cité balnéaire qui défie les préjugés

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Cette station espagnole, pionnière du tourisme de masse sous le franquisme, revendique aujourd’hui avec fierté son héritage et sa transformation en modèle de durabilité urbaine.

Entre ses gratte-ciel imposants et ses plages animées, Benidorm incarne une singularité architecturale et touristique. Née d’une vision audacieuse sous le régime franquiste, la cité balnéaire assume pleinement son identité, cinquante ans après la disparition du dictateur. Loin des complexes, ses habitants célèbrent une économie entièrement dédiée à l’accueil et aux loisirs, comme le souligne une hôtelière septuagénaire dont l’établissement symbolise cette métamorphose.

L’essor de Benidorm doit beaucoup au rôle prépondérant joué par les femmes dans son développement touristique. Alors que les hommes s’engageaient traditionnellement dans les activités maritimes, ce sont elles qui ont bâti l’infrastructure hôtelière et restaurant, transformant radicalement le paysage économique local. Leur contribution a permis à une modeste localité de 3 000 âmes de devenir une destination capable d’accueillir près de 400 000 visiteurs en pleine saison.

Le maire Pedro Zaragoza Orts, figure visionnaire des années 1950-1960, perçut très tôt le potentiel économique du tourisme international. Son pragmatisme lui fit surmonter les résistances morales de l’époque, notamment concernant la tenue vestimentaire sur les plages. Le soutien personnel de Franco, qui y envoya sa famille en vacances, consacra définitivement cette orientation. Les recettes en devises étrangères devinrent rapidement vitales pour un régime alors isolé sur la scène internationale.

La ville multiplia les initiatives promotionnelles originales, du Festival de la chanson qui révéla Julio Iglesias à l’accueil de communautés insolites. Dans l’Espagne rigoriste de l’époque, Benidorm offrit même un refuge discret à la communauté homosexuelle. Le modèle essaima dans tout le pays, faisant de l’Espagne la deuxième destination touristique mondiale.

Aujourd’hui, la densité urbaine de Benidorm, longtemps décriée, est présentée comme un atout écologique. La concentration verticale réduit les pertes en eau et limite la dépendance automobile, tandis que la collecte des déchets y gagne en efficacité. Pour les visiteurs récurrents, la magie opère toujours entre l’animation des grandes artères et le charme préservé de la vieille ville.

Les détracteurs évoquent souvent la verticalité excessive du paysage urbain, un critère rarement appliqué à d’autres métropoles internationales. Ceux qui connaissent véritablement Benidorm y voient plutôt l’expression d’une identité unique, alliant modernité et tradition dans un équilibre assumé.

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