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Au Pendjab pakistanais, le déluge laisse des milliers d’habitants prisonniers des eaux

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Alors que les crues exceptionnelles submergent la région viticole du pays, les opérations de secours peinent à atteindre les populations coupées du monde, livrées à elles-mêmes face à des dégâts considérables.

Dans l’est du Pakistan, des militaires équipés de gilets de sauvetage parcourent inlassablement les étendues d’eau à bord d’embarcations de fortune, à la recherche des derniers habitants et animaux piégés par la montée des flots. Le débordement de trois cours d’eau majeurs du Pendjab, région nourricière qui abrite près de la moitié de la population nationale, a contraint les autorités à évacuer plus de 260 000 personnes ces derniers jours.

Nazia Nasir, quarante ans, mère de quatre enfants, compte parmi ceux qui viennent de retrouver leur foyer dévasté. Un pan entier de sa maison s’est effondré sous la force des eaux. Elle tente de déblayer la boue qui recouvre ses affaires, dans l’impuissance et le dénuement le plus total. Plus d’électricité, plus de provisions, plus d’accès à l’eau potable. Son témoignage illustre le calvaire vécu par des milliers de familles.

Les services météorologiques nationaux ont émis une alerte de niveau exceptionnel mercredi dernier, alors que le bilan humain ne cesse de s’alourdir depuis la fin du mois de juin. Treize nouveaux décès ont été enregistrés en seulement vingt-quatre heures dans le Pendjab, portant le total national à plus de huit cents morts depuis le début de la mousson.

À Wazirabad, l’eau brunâtre chargée d’insectes commence lentement à se retirer, laissant derrière elle un paysage de désolation. Près de mille quatre cents villages supplémentaires viennent s’ajouter à la liste des zones sinistrées. Mohammed Akram, éleveur de soixante-dix-huit ans, a perdu toutes ses vaches dans la catastrophe. Malgré tout, comme beaucoup d’autres, il refuse de quitter les terres où il a toujours vécu. La détermination se mêle à la résignation chez ceux qui n’ont nulle part où aller.

Plus au nord, à Kartarpur, l’isolement devient critique. Rana Mubashir, jeune père de famille, n’a reçu aucune aide depuis trois jours. Ses enfants manquent de nourriture et d’eau potable. Les routes d’accès ont été emportées, et aucune embarcation n’est disponible pour évacuer les survivants. Même le corridor sacré des sikhs, site religieux majeur, n’a pas été épargné par la montée des eaux. Les employés du sanctuaire s’apprêtent à engager un long processus de nettoyage dès que la décrue le permettra.

Ce phénomène climatique paradoxal apporte chaque année l’eau indispensable aux cultures, mais provoque également des pertes humaines et matérielles considérables. Des milliers d’hectares de terres agricoles ont été anéantis, compromettant la sécurité alimentaire de toute une région. Les autorités restent mobilisées, mais l’ampleur de la catastrophe dépasse les capacités d’intervention.

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