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Au Pakistan, le déluge isole des milliers d’âmes dans l’attente d’une aide urgente

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Des crues historiques submergent le grenier à blé du pays, contraignant des centaines de milliers de personnes à un exode forcé tandis que les survivants luttent pour leur survie.

Les eaux de mousson ont envahi les plaines du Pendjab, région agricole vitale où réside près de la moitié de la population pakistanaise. Trois cours d’eau majeurs sont sortis de leur lit ces derniers jours, submergeant villages et cultures, et contraignant les autorités à évacuer plus de 260 000 personnes. Parmi elles, Nazia Nasir, mère de quatre enfants, qui a retrouvé sa maison partiellement effondrée et ses biens ensevelis sous une épaisse couche de boue. « Nous n’avons ni eau, ni nourriture, ni électricité », confie-t-elle, tentant de déblayer les décombres à mains nues.

Le bilan humain et matériel s’alourdit de jour en jour. L’autorité nationale de gestion des catastrophes a recensé treize décès supplémentaires depuis mercredi, portant à plus de 800 le nombre de victimes des intempéries depuis la fin du mois de juin. Les districts ruraux, comme celui de Wazirabad, présentent un paysage de désolation. Les eaux boueuses, grouillantes d’insectes, se retirent lentement, laissant derrière elles des habitations détruites et des récoltes anéanties. Mohammed Akram, éleveur septuagénaire, a perdu l’intégralité de son bétail. « Dix vaches noyées », déplore-t-il, avant d’ajouter avec résignation : « Nous recommencerons. »

L’isolement aggrave la détresse des populations. À Kartarpur, les habitants signalent l’absence de secours organisés trois jours après le début des inondations. « Nos enfants n’ont rien à boire ni à manger », témoigne Rana Mubashir, un jeune homme de 24 ans. Les routes étant impraticables et les embarcations rares, de nombreux villageois se retrouvent prisonniers des zones inondées. Même le corridor de Kartarpur Sahib, l’un des lieux les plus sacrés du sikhisme, n’a pas été épargné. Les eaux ont envahi l’enceinte du sanctuaire, causant d’importants dégâts et contraignant à un nettoyage qui s’annonce long et complexe.

Face à l’ampleur de la catastrophe, les défis logistiques et humanitaires restent immenses. Les survivants, privés de tout, attendent une aide qui tarde à se concrétiser, tandis que les autorités tentent de coordonner les opérations dans un contexte de crises répétées.

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