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Au Japon, l’enfer carcéral des innocents : des détenus brisés par une justice implacable

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Des suspects japonais croupissent des années en prison sans jugement, victimes d’un système judiciaire accusé de broyer les droits fondamentaux.

Yo Amano, 36 ans, incarne le calvaire de ces détenus présumés innocents. Depuis six ans, il survit dans une cellule minuscule du centre de détention de Tokyo, sans climatisation, sans contact avec l’extérieur, et sans même avoir été condamné. Accusé de fraude, il nie les faits, mais son refus d’avouer le maintient derrière les barreaux. Son quotidien ? Une isolation quasi totale, des conditions sanitaires déplorables et une santé mentale en lambeaux. « On me traite comme un coupable alors que je n’ai même pas eu de procès », murmure-t-il, épuisé.

Ce cas n’est pas isolé. Au Japon, la détention provisoire peut s’étirer indéfiniment, surtout si le suspect conteste les accusations. Les avocats dénoncent une « justice des otages », où la liberté devient monnayable contre des aveux. Les interrogatoires, menés sans avocat, poussent souvent les détenus à se confesser sous la pression. Résultat : un taux de condamnation avoisinant les 99 %, alimenté par des procédures controversées.

Les conséquences sont dramatiques. Perte d’emploi, ruptures familiales, détresse psychologique… Tomoya Asanuma, activiste acquitté après quatre mois de détention, témoigne : « Les enquêteurs m’ont harcelé pour que j’avoue. J’ai failli céder, juste pour sortir de cet enfer. » Pourtant, les autorités se défendent, assurant que le système repose sur des preuves solides et respecte les droits des suspects.

En coulisses, des voix s’élèvent contre ces méthodes. L’affaire d’Iwao Hakamada, innocenté après 50 ans de prison, a révélé les failles d’une justice accusée de fabriquer des coupables. Mais pour Yo Amano et d’autres, l’espoir s’amenuise. « Je ne sais même pas si ma fille se souvient de moi », confie-t-il, les yeux rivés sur une photo interdite de contact. Dans l’attente d’un procès qui pourrait ne jamais venir, leur vie s’évapore, cellule après cellule.

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