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Au cœur du procès du RN, la frontière ténue entre loyauté personnelle et détournement de fonds

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L’eurodéputée Catherine Griset a défendu, devant la cour d’appel de Paris, son dévouement absolu à Marine Le Pen. Son témoignage a mis en lumière les contours flous entre son rôle d’assistante parlementaire et ses activités au sein du parti.

L’audience a permis d’entendre une collaboratrice de longue date affirmer que son travail ne visait qu’une seule personne, et non une institution. Catherine Griset, aujourd’hui élue européenne sous l’étiquette du Rassemblement national, a reconnu avoir consacré une part de son temps de service à des tâches liées à la présidence du parti de son employeuse, alors qu’elle était rémunérée intégralement par le Parlement européen. Cette situation constitue le fondement des poursuites pour détournement de fonds publics intentées contre l’ancienne formation frontiste et plusieurs de ses cadres.

Devant la magistrate, l’intéressée a décrit des fonctions essentiellement consacrées à la gestion de l’agenda et à l’organisation des déplacements. Elle a soutenu qu’il était impossible de distinguer les activités de Marine Le Pen en tant qu’eurodéputée de celles qu’elle menait à la tête de son mouvement politique. La présidente de la cour a toutefois souligné la contradiction entre cette réalité opérationnelle et le cadre strict du contrat liant l’assistante à l’institution européenne. Le fait que Catherine Griset figurait, dans un document interne du parti, comme l’assistante de la présidente, a été relevé comme un élément significatif.

L’interrogatoire s’est ensuite concentré sur d’autres aspects problématiques du dossier, notamment le non-respect de l’obligation de résidence à Bruxelles et l’attribution, à partir de 2015, du titre de cheffe de cabinet de la présidente du FN. La défense a présenté cette dernière fonction comme purement formelle, un argument qui n’a pas convaincu la magistrate. Cette dernière a pointé l’absence de déclaration de cette fonction extérieure au Parlement européen, dont le règlement l’interdit explicitement pour les assistants accrédités.

Face à ces contradictions, Catherine Griset est restée sur sa ligne de défense, invoquant une relation professionnelle et amicale ininterrompue depuis le début des années 1990. Elle a nié tout conflit d’intérêts, estimant que servir Marine Le Pen, quelle que soit sa fonction, relevait d’une mission unique et indivisible. Le tribunal devra désormais déterminer si cette loyauté personnelle a franchi la ligne rouge du droit financier européen.

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