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Économie

AstraZeneca mise 50 milliards de dollars sur le marché américain pour contourner les tensions commerciales

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Le géant pharmaceutique britannique accélère ses investissements aux États-Unis face aux menaces tarifaires, tout en reléguant son pays d’origine au second plan.

Face aux pressions commerciales de l’administration Trump, AstraZeneca a décidé de renforcer significativement son ancrage aux États-Unis. Le groupe a annoncé un plan d’investissement de 50 milliards de dollars d’ici 2030, destiné à développer ses capacités de production et de recherche sur le sol américain. Une stratégie visant à se prémunir contre d’éventuelles taxes douanières ciblant les importations de médicaments.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où Washington multiplie les mesures protectionnistes, notamment dans le secteur pharmaceutique. En avril dernier, une enquête avait été ouverte sur les importations de médicaments, suivie en juillet par l’éventualité d’une surtaxe de 200 %. Bien que temporairement écartée, cette perspective a incité plusieurs laboratoires à anticiper un possible durcissement.

AstraZeneca rejoint ainsi des acteurs comme Roche, Novartis ou Sanofi, qui ont déjà annoncé des investissements massifs aux États-Unis, premier marché mondial du médicament. Le britannique prévoit notamment la construction d’une nouvelle usine en Virginie, présentée comme son plus important projet industriel à ce jour. Selon le groupe, ces initiatives devraient générer des dizaines de milliers d’emplois directs et indirects.

Cette orientation stratégique pourrait cependant susciter des tensions avec le Royaume-Uni, où le siège historique du groupe est établi. Début 2024, AstraZeneca avait déjà renoncé à un projet d’usine de vaccins sur son territoire, invoquant un manque de soutien des autorités. Une décision perçue comme un désaveu pour le gouvernement britannique, dans un secteur où la souveraineté industrielle est un enjeu clé.

Les analystes financiers s’interrogent désormais sur une éventuelle migration de la cotation principale d’AstraZeneca vers les places boursières américaines, une hypothèse régulièrement évoquée. Un tel scénario représenterait un coup dur pour la City, déjà fragilisée par les conséquences du Brexit. Avec une capitalisation boursière parmi les plus élevées du FTSE 100, le départ du géant pharmaceutique affaiblirait encore l’attractivité de la Bourse de Londres.

En misant résolument sur les États-Unis, AstraZeneca confirme sa volonté de privilégier les marchés les plus porteurs. Près de la moitié de son chiffre d’affaires y est déjà réalisée, et cette tendance devrait s’accentuer avec les nouveaux investissements. Une évolution qui illustre les recompositions en cours dans l’industrie pharmaceutique, où les considérations géopolitiques pèsent désormais autant que les logiques économiques.

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