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Antananarivo sous tension après des manifestations historiques

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La capitale malgache panse ses plaies au lendemain de violentes mobilisations contre les pénuries de services essentiels. Le pouvoir a réagi en limogeant son ministre de l’Énergie, une mesure jugée insuffisante par les protestataires qui appellent à un nouveau rassemblement ce week-end.

Le président Andry Rajoelina a procédé au remplacement du ministre de l’Énergie, vendredi, dans un contexte de forte pression sociale. Cette décision intervient après une journée de jeudi marquée par d’importantes manifestations dénonçant les coupures récurrentes d’eau et d’électricité. Les rassemblements avaient dégénéré en scènes de pillages et d’affrontements avec les forces de l’ordre dans plusieurs artères de la capitale.

Depuis New York, où il assistait à l’Assemblée générale des Nations Unies, le chef de l’État a condamné les actes de violence tout en reconnaissant la légitimité des revendications populaires. Il a qualifié les événements d’actes prémédités de déstabilisation, évoquant une tentative de coup d’État. En parallèle, un couvre-feu nocturne a été réinstauré dans cinq grandes villes du pays, dont Antananarivo, afin de tenter de rétablir l’ordre.

Le mouvement de protestation, identifié sous le nom de « Gen Z », a immédiatement rejeté la responsabilité des pillages et appelé à une nouvelle manifestation pacifique ce samedi. Les organisateurs invitent les citoyens à se rassembler devant l’université d’Antananarivo pour une marche vers le centre-ville. Ils affirment vouloir recentrer le débat sur les demandes fondamentaines, notamment l’accès aux services de base et le respect des droits.

Vendredi, l’atmosphère restait lourde dans la capitale. De nombreux commerces, banques et supermarchés présentaient des vitrines brisées et des enseignes saccagées. Des véhicules calcinés jonchaient certaines rues, témoignant de l’intensité des troubles de la veille. Si le calme était revenu dans le centre, des incidents sporadiques ont encore été signalés en périphérie.

La situation dépasse le simple cadre des revendications sur les services publics. Elle s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par le boycott de l’élection présidentielle de 2023 par l’opposition et une participation électorale historiquement faible. Le pays, pourtant doté d’importantes richesses naturelles, demeure l’un des plus pauvres au monde, avec une grande majorité de sa population vivant sous le seuil de pauvreté.

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