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Angoulême réinvente sa fête de la bande dessinée dans l’ombre d’un festival annulé

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En l’absence du Festival International de la Bande Dessinée, officiellement annulé, la cité charentaise a vu éclore un événement alternatif, le « Grand Off ». Porté par les professionnels du secteur, cette initiative gratuite et décentralisée aspire à redéfinir les fondements d’un rendez-vous emblématique.

La ville d’Angoulême respire toujours au rythme du neuvième art, mais sous une forme inédite. Alors que le traditionnel Festival International de la Bande Dessinée (FIBD) n’a pas eu lieu cette année, un vaste mouvement spontané a pris le relais. Baptisé « Grand Off », cette manifestation a investi en quelques semaines une soixantaine de lieux à travers la ville, de la cathédrale aux librairies, en proposant un programme entièrement gratuit d’expositions, de rencontres et de spectacles. Cette éclosion répond à une volonté collective des auteurs, illustrateurs et acteurs locaux de se réapproprier un espace de célébration et de débat.

Pour de nombreux artistes présents, cet Off constitue bien plus qu’une simple alternative. Il est perçu comme un acte nécessaire, une réponse à des années de tensions concernant la gouvernance et l’orientation commerciale du festival historique. L’initiative se veut un espace de dialogue sur les conditions de travail souvent précaires dans la profession, mettant en lumière les défis économiques et sociaux auxquels sont confrontés les créateurs. Plusieurs installations, comme celle consacrée à la « chaîne du livre », abordent directement ces questions de répartition de la valeur.

L’atmosphère dans les rues d’Angoulême, bien que perceptible, diffère des éditions passées. Les bulles de bande dessinée habillent toujours le mobilier urbain, mais l’affluence est moindre. Les commerçants s’attendent à une activité réduite par rapport aux affluences records des précédentes éditions. Certains visiteurs regrettent l’absence de la ferveur et des grandes expositions spectaculaires habituelles, tout en saluant une accessibilité accrue et une proximité renouvelée avec les auteurs.

Cette édition 2026 s’apparente à une parenthèse expérimentale. Elle intervient dans un contexte de transition, alors qu’un appel à projets est en cours pour réinventer le festival à partir de l’année prochaine. Les collectifs d’artistes à l’origine du Grand Off y voient l’opportunité de poser les bases d’un futur événement plus inclusif et plus attentif aux revendications de la profession. Pour eux, cette mobilisation inédite souffle un vent de renouveau, rappelant l’esprit des origines de la manifestation angoumoisine. L’avenir dira si cette impulsion parviendra à façonner durablement le paysage festif de la bande dessinée.

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