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Andorre s’engage sur la voie d’une dépénalisation de l’interruption de grossesse

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_**Le chef du gouvernement andorran a indiqué qu’un projet visant à supprimer les sanctions pénales pour les femmes était en discussion avancée avec le Saint-Siège, sans toutefois envisager une légalisation.**_

Le gouvernement de la principauté d’Andorre a entamé des pourparlers afin de modifier le cadre législatif concernant l’interruption volontaire de grossesse. Actuellement, cette pratique demeure interdite en toutes circonstances sur le territoire, une situation qui place le micro-État aux côtés du Vatican comme les seules entités européennes à maintenir une prohibition totale. Les autorités andorranes souhaitent désormais aboutir à une dépénalisation pour les femmes dans un délai d’un an.

Le Premier ministre Xavier Espot Zamora a précisé que les échanges avec le Saint-Siège étaient à un stade avancé. L’objectif est de parvenir à un compromis avant la fin de la législature, au printemps 2027. Cette approche se veut pragmatique, cherchant à concilier les réalités institutionnelles du pays avec une évolution sociale. La principauté est en effet gouvernée par un système de coprincipauté, où le président de la République française et l’évêque d’Urgell en Espagne exercent conjointement la fonction de chefs de l’État.

Le projet en discussion vise explicitement à supprimer les poursuites à l’encontre des femmes qui mettraient fin à leur grossesse. Selon la législation en vigueur, celles-ci s’exposent à des peines d’emprisonnement. Les médecins pratiquant l’acte resteraient, quant à eux, passibles de sanctions. La démarche se distingue d’une légalisation, que le chef du gouvernement qualifie de « ligne rouge » à ne pas franchir, au risque de provoquer une crise institutionnelle majeure.

La position andorrane s’explique par la structure unique de l’État. Le coprince épiscopal, représentant de l’Église catholique, ne pourrait, selon M. Espot, accepter une légalisation qui contredirait un dogme de foi. En revanche, une dépénalisation, qui écarte la sanction pénale pour les femmes sans autoriser l’acte sur le sol national, est présentée comme une voie acceptable. Elle permettrait aux Andorranes de se rendre à l’étranger sans craindre des poursuites judiciaires à leur retour.

Le Premier ministre a tenu à souligner que cette législation restrictive ne reflétait pas nécessairement les convictions de la société andorrane, qu’il a décrite comme ouverte, notamment en matière d’égalité des genres. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’équilibre institutionnel et la souveraineté du pays, qui repose historiquement sur cette dyarchie. Toute réforme constitutionnelle sur ce sujet est exclue pour l’instant.

Cette annonce intervient à l’approche d’une visite officielle du président français Emmanuel Macron, prévue fin avril. Les relations avec la France, coprince protecteur, et la recherche d’un équilibre avec l’influence espagnole, constituent des axes majeurs de la politique étrangère andorrane. Le gouvernement estime que cette stabilité institutionnelle est un atout pour préserver l’indépendance du pays dans un contexte géopolitique complexe.

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