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Accord post-Brexit: Londres et Bruxelles à l’heure du sprint final

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Après huit mois de pourparlers laborieux en pleine pandémie, l’Union européenne et le Royaume-Uni entament la semaine prochaine la dernière ligne droite de leur négociation post-Brexit. Au bout du tunnel: un accord commercial inédit ou un échec politique cuisant.

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier, mais l’effet du divorce ne se fera pleinement sentir que le 1er janvier 2021, à l’issue de la période de transition pendant laquelle il continue d’appliquer les normes européennes.

D’ici là, Londres et Bruxelles s’étaient promis de conclure un traité commercial « zéro tarif, zéro quota » pour limiter autant que possible les conséquences négatives (et inévitables) du Brexit.

Or, à moins de cinquante jours de la fin de l’année, les discussions, pourtant intensives, patinent.

« La logique et la raison devraient permettre de parvenir à un accord », estime un diplomate européen. « Mais si une chose est apparue clairement au cours des dernières années, c’est que la logique économique et le pur bon sens ne suffisent pas pour expliquer ce qui se passe avec le Brexit », confie-t-il.

Du référendum sur le Brexit en juin 2016, à la conclusion fin 2019 –à la dernière minute– de l’accord scellant le départ du Royaume-Uni, en passant par la loi britannique remettant en cause ce même traité, le feuilleton du divorce a été riche en coups de théâtre.

Biden « moins amical »

Dernier rebondissement: Dominic Cummings, conseiller très influent du Premier ministre Boris Johnson et architecte controversé de la campagne pour le Brexit, a pris la porte du 10 Downing Street vendredi soir. Une sortie qui a suivi celle de son allié du camp « Leave », Lee Cain.

Ces départs « laissent penser que (Boris Johnson) est prêt à faire les concessions nécessaires pour aboutir à un accord a minima », estime l’eurodéputé écologiste Philippe Lamberts.

Pour lui, M. Johnson « a fait le calcul » qu’entre l’élection de Joe Biden, « un président américain moins amical que par le passé, et une situation économique dramatique, il ne peut se payer en plus un Brexit sans accord ».

L’hypothèse d’une modération de la ligne britannique a cependant été fermement rejetée par Downing Street.

Au moment où les pourparlers s’apprêtent à reprendre à Bruxelles, menés par Michel Barnier côté européen et par David Frost côté britannique, impossible de présager de leur issue.

Seule certitude: un accord devra être conclu dans les prochains jours, pour pouvoir être ratifié à temps par les Parlements britannique et européen.

Une visioconférence jeudi entre chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE –pour l’instant consacrée au seul Covid-19– pourrait constituer une échéance. Mais une nouvelle prolongation des discussions ne peut être exclue.

Faute d’accord, les échanges seraient régis par les seules règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec le retour de droits de douanes ponctuellement très importants, mais aussi d’obstacles non-tarifaires (quotas, normes techniques ou sanitaires…).

File de camions

Un « no deal » enfoncerait un peu plus des économies déjà affectées par le coronavirus, mais plutôt côté britannique: le Royaume-Uni exporte 47% de ses produits vers le continent, quand l’UE n’écoule que 8% de ses marchandises outre-Manche.

En cas de « no deal », Londres estime que jusqu’à 7.000 camions pourraient se retrouver bloqués dans le Kent (sud-est) avec jusqu’à deux jours d’attente pour traverser le Channel.

« Si nous ne parvenons pas à conclure un accord, cela représentera un échec énorme de la politique et de la diplomatie », a récemment souligné le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney.

Les pourparlers butent sur trois sujets: les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, l’accès des Européens aux poissonneuses eaux britanniques, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

Sur la concurrence, l’UE veut s’assurer que le Royaume-Uni ne déviera pas des normes environnementales ou sociales en vigueur, mais aussi qu’il ne subventionnera pas ses entreprises à tout-va, alors qu’elle est prête à lui ouvrir son marché de 450 millions de consommateurs.

En cas de non-respect, elle souhaite pouvoir prendre des sanctions immédiates pour protéger ses entreprises, ce que Londres refuse.

« Soit les Britanniques acceptent et on passe à une négociation difficile sur la pêche », un sujet de première importance pour quelques pays dont la France, explique un diplomate européen. « Soit ils refusent et on sera hors délai: la négociation ne pourra pas aboutir. »

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Espagne : un sacristain mort et un prêtre blessé dans une attaque à la machette

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Espagne : un sacristain mort et un prêtre blessé dans une attaque à la machette

Un homme a été interpellé après avoir attaqué à l’arme blanche plusieurs personnes dans un église du sud de l’Espagne.

Un sacristain a été tué mardi 24 janvier et un prêtre grièvement blessé, dans une attaque à la machette dans deux églises d’Algésiras, dans le sud de l’Espagne, a indiqué une source policière à l’AFP, précisant qu’un homme avait été arrêté. Une enquête a été ouverte pour des faits présumés de terrorisme. Elle sera menée par un magistrat de l’Audience nationale, tribunal chargé notamment des affaires de terrorisme, a précisé le parquet, sans donner plus de précisions.

L’attaque à l’arme blanche s’est produite peu avant 20h dans l’église de San Isidro d’Algésiras, a indiqué le ministère de l’Intérieur. Une personne a été tuée à l’extérieur de l’église et une blessée dans l’église, a ajouté le ministère.

Selon un prêtre d’Algésiras, cité par El Pais, «l’agresseur s’est d’abord rendu à la paroisse de San Isidro, où il a attaqué le sacristain». «Quelques instants plus tard, il est allé à l’église de la Plaza de la Palma, où il a rencontré le prêtre dans la rue, l’a attaqué et l’a laissé pour mort. Ensuite, il a semblé aller à l’église de la Virgen de Europa, mais je ne sais pas s’il y est arrivé. Toutes les églises sont situées au centre de la ville», raconte le religieux. Plusieurs sources policières soulignent qu’il y a eu des assauts dans «au moins deux églises». Les mêmes sources confirment que l’agresseur était sans papiers, «sans doute d’origine marocaine».

Peu après l’attaque, le président de la communauté d’Andalousie Juan Manuel Moreno a réagi. «Horrible et déchirant. Un sacristain a été assassiné et au moins un autre prêtre a été blessé dans un attentat qui a eu lieu à Algésiras. Prudence, les faits sont en cours d’investigation. Je condamne fermement le crime. L’intolérance n’aura jamais sa place dans notre société», a-t-il écrit sur Twitter.

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Royaume-Uni : le Premier ministre reçoit une amende pour ne pas avoir porté sa ceinture de sécurité

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Royaume-Uni : le Premier ministre reçoit une amende pour ne pas avoir porté sa ceinture de sécurité

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak a reçu une amende vendredi pour ne pas avoir porté la ceinture de sécurité la veille alors qu’il tournait une vidéo à l’arrière d’une voiture.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a reçu une amende, vendredi 20 janvier, pour ne pas avoir porté sa ceinture de sécurité. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, mais qui a depuis été retirée, le chef du gouvernement conservateur évoque avec entrain sa politique de rééquilibrage territorial, assis à l’arrière d’une voiture sans porter sa ceinture de sécurité, lors d’un déplacement dans le Lancashire, dans le nord de l’Angleterre.

Rapidement, les critiques se sont multipliées sur les réseaux sociaux et Rishi Sunak a reconnu jeudi soir « une erreur de jugement ». La police du Lancashire a annoncé la sanction dans un tweet vendredi : « Après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux montrant un individu ne portant pas sa ceinture de sécurité alors qu’il était passager d’une voiture en mouvement dans le Lancashire, nous avons aujourd’hui émis une offre conditionnelle de pénalité fixe à un homme de 42 ans de Londres ».

Le Premier ministre « reconnaît pleinement qu’il s’agissait d’une erreur et a présenté ses excuses. Il va bien sûr se conformer à l’amende fixée », n’a pas tardé à réagir un porte-parole de Downing Street. Selon la BBC, la contravention pour le non-port de la ceinture de sécurité en tant que passager d’une voiture s’élève à 100 livres sterling (114,20 euros) et peut monter jusqu’à 500 livres sterling (571 euros) si l’affaire est portée devant le tribunal.

Ce n’est pas la première fois que Rishi Sunak reçoit une amende. Quand il était ministre des Finances de Boris Johnson, il avait été sanctionné dans le scandale dit du « Partygate », pour avoir été présent lors d’un rassemblement pour l’anniversaire du Premier ministre, en violation des règles anti-Covid.

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Grève du 19 janvier : Macron, Darmanin et Le Maire seront en Espagne ce jeudi

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Grève du 19 janvier : Macron, Darmanin et Le Maire seront en Espagne ce jeudi

11 ministres seront en Espagne avec le président ce jeudi 19 janvier, jour de grève contre la réforme des retraites.

La France et l’Espagne vont célébrer en grande pompe l’étroitesse de leurs relations lors d’un sommet ce jeudi 19 janvier à Barcelone, où Paris espère afficher un front uni sur la riposte européenne au regain de protectionnisme américain. Le président français Emmanuel Macron signera avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez un « traité d’amitié et de coopération ». Ils devraient annoncer une coopération accrue sur les questions migratoires, la défense, l’énergie et la jeunesse.

Ce traité est le troisième de la sorte signé en Europe par la France après celui de l’Élysée, paraphé en 1963 avec l’Allemagne et complété par celui d’Aix-la-Chapelle en 2019, et celui du Quirinal, signé avec l’Italie en 2021. Cette signature intervient trois mois après un accord entre les deux pays et le Portugal pour enterrer le projet de gazoduc « Midcat », auquel s’opposait Paris, et le remplacer par un pipeline d’hydrogène « vert » reliant Barcelone à Marseille et baptisé « H2Med ».

Désaccords avec Berlin

Comme le traité du Quirinal, ce traité de Barcelone vise à graver dans le marbre le renforcement des relations de Paris avec d’autres voisins que l’Allemagne, au moment où le moteur franco-allemand de l’UE est souvent apparu essoufflé. Dans l’esprit d’Emmanuel Macron, il s’agit de concrétiser une « ligne commune avec Madrid » sur la réponse européenne à l’Inflation Reduction Act, le plan d’investissement massif des États-Unis dans la transition énergétique. La France veut une action tout aussi massive de l’UE, et des décisions rapides pour éviter la fuite d’entreprises européennes attirées par les aides américaines.

Le président français caresse l’espoir de rallier à sa position non seulement Pedro Sánchez jeudi, mais aussi, dans une certaine mesure, le chancelier allemand Olaf Scholz. Ce dernier sera reçu dimanche à Paris pour célébrer les 60 ans du Traité de l’Élysée et participer à un conseil des ministres franco-allemand censé solder les nombreux différends entre les deux premières puissances européennes.

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